Les bustes de personnalités ont fait la réputation de Léopold Bernstamm. Il réalise les représentations de Massenet et de Berlioz installées à Monaco. En 1897, il exécute le portrait du peintre et sculpteur Jean-Léon Gérôme, chef de fil de l’art académique à la fin du XIXe siècle. Il est vrai que le Nu débout de Bernstamm s’inscrit dans ce courant artistique marqué par un goût pour l’antiquité classique. Le statuaire réalise un certain nombre de sculptures représentant des personnages féminins dans des groupes comme L’Amour Désarmé ou Léda et le Cygne .
La pose de la jeune femme, qui pourrait être une Vénus ou une Nymphe, est un prétexte à l’exercice d’une « anatomie » ou d’une « académie ». Par le mouvement et la torsion du corps, ce nu académique rappelle La Joueuse de boules de Jean-Léon Gérôme. Bernstamm réalise d’autres nus féminins, assis ou debout, en marbre, en bronze ou en céramique.
Léopold Bernhard Bernstamm est un sculpteur allemand né le 20 avril 1859 à Riga (Russie). Il s’installe avec son père à Saint-Pétersbourg en 1872 et entre à l’Académie impériale des Beaux-Arts en 1874. Il accède à la célébrité au début des années 1880 en exécutant quelque trois cents portraits de personnalités russes et françaises. Il s’installe à Paris en 1885 et entre dans l’atelier d’Antonin Mercié. Sa rapidité d’exécution et son sens de la physionomie l’ont amené à devenir sculpteur en chef du musée Grévin. Léopold Bernhard Bernstamm décède le 22 janvier 1939 à Paris.
Projection dans l’espaceLes sculptures de Francisco Almansa sont composées d‘éléments aux découpes géométriques articulées. L’artiste trouve l’inspiration pour créer cette œuvre lors de sa venue à Monaco. Projection dans l’espace ou Proyeccion 1 symbolise pour Almansa la force intérieure des pays méditerranéens qu’illustre selon lui parfaitement la Principauté de Monaco. L’œuvre monumentale « de notre temps » est réalisée entièrement en fer pour évoquer le matériau largement distribué dans notre espace contemporain.
Don de l’artiste, la sculpture posée sur un socle en marbre est inaugurée le 22 mars 1983 par le Ministre d’Etat en présence de Francisco Almansa.
Né à Alacant, Francisco Almansa étudie à l’École d’Architecture de Barcelone, puis à l’École des Beaux-Arts de San Fernando de Madrid. Dès 1980, il participe à des expositions collectives. Il participe au concours national de sculpture d’Almeria en 1980, au concours national d’arts plastiques de Madrid en 1980 et en 1981. À Paris, il expose aux Salons Grands et Jeunes d’Aujourd’hui, à la IIe Biennale Européenne de Sculpture de Normandie à Jouy-sur-Eure en 1984. Il expose régulièrement en France notamment au Centre Georges Pompidou à Paris. Les œuvres de Francisco Almansa sont très réputées en Espagne.
Almansa pratique une forme très personnelle d’abstraction géométrique. Ses pièces sont celles d’un sculpteur, en relief et ronde-bosse, créées à partir de bois et de métal, en gamme limitée de coloris, souvent monochromes. Il travaille l’acier, le bronze, la céramique, pour des sculptures destinées à des parcs de Barcelone et de Bruxelles.
Selon Rosini di Santi, « l’art est la trace du temps ». Ses recherches artistiques l’ont conduit aux profondeurs de la vie. « J’ai cherché et cherché sur tous les continents, tous les horizons et dans tous les recoins de la planète, la ligne droite absolue mais en vain. Et un matin assis dans ma cabane de pêcheur, elle était là ! À ma grande stupéfaction elle était ondulée de vie ». Figure allégorique, L’Âme de Fond célèbre le peuple de la mer. Installée près du rivage en 2000, la sculpture réalisée en marbre blanc de Carrare renoue avec les figures antiques.
L’œuvre a été commandée à l’artiste par Monsieur Jean-Claude Tunon dans le but de l’offrir à la Principauté, à l’occasion de l’anniversaire des 700 ans de la dynastie des Grimaldi en 1997.
Nicola Rosini di Santi est né en 1959 dans un petit village du Mezzogiorno. Son père s’établit à Paris et Nicola grandit dans un quartier bouillonnant de vie populaire et artistique. La découverte de l’atelier du célèbre sculpteur Argentin Hugo Demarco est pour lui décisive. Il n’a alors qu’une dizaine d’années. Diplômé de l’École Boulle à Paris, il travaille dans différents ateliers d’arts et à la Fonderie d’art Rosini dirigé par son frère. Il côtoie de nombreux artistes et s’initie au bronze. En 1985, il réalise sa première exposition personnelle. Plusieurs expositions suivront à Paris, au Salon d’automne, au Salon de mai et au Grand Palais, dont il devient sociétaire.
Nicola Rosini di Santi vit et travaille dans un petit village provençal, s’enivrant de la lumière, et où il peut donner libre cours à sa passion pour des matériaux aussi variés que l’ardoise, le bronze, la ferraille ou le verre. L’artiste, très prolifique, a exposé de nombreuses fois à Monaco entre 1998 et 2016.
Muni d’une scie égoïne, Kristian Dahlgård découpe des fines plaques d’acier de manière à leur donner la forme minimaliste de silhouettes comme La Petite Sirène (représentant la forme épurée d’une sirène). L’œuvre composée de 50 plaques d’acier juxtaposées représente le célèbre personnage des Contes d’Andersen. Elle rappelle également la statue d’Edvard Eriksen emblématique de Copenhague jetant ainsi un pont entre la Principauté de Monaco et le Danemark.
La statue est offerte au Prince Rainier III par l’Association des Danois de Monaco à l’occasion du Jubilé de Son Règne en 1999 en présence du Consul du Danemark et de l’artiste.
Kristian Dahlgård, né en 1958 à Sønderborg, est diplômé de l’Académie royale danoise des Beaux-Arts en 1983. Il vit et travaille à Copenhague. Ses nombreuses expositions personnelles et collectives sont principalement présentées au Danemark, en France, en Allemagne et en Islande. L’artiste crée régulièrement ses œuvres pour des commandes publiques dans son pays natal, mais aussi à Londres (Brunswick Estate) ou encore à Monaco (« La Petite Sirène »). Les œuvres de Dahlgård font partie de plusieurs collections majeures, notamment le Musée national d’art de Copenhague (Art Statens Museum for Kunst).
Le pêcheurÉlève de Jean-Léon Gérôme, Gustave Dussart est influencé par l’académisme de la fin du XIXe siècle. La figure allégorique du Pêcheur est une scène de genre. Coiffé d’un bonnet phrygien, le pêcheur, en plein effort, retire son filet de l’eau, agrippé à un tronc d’arbre et un pied sur le rocher. La coiffe, traditionnellement portée par les pêcheurs des rivages locaux, rappelle la longue tradition qui remonte à la Grèce antique. Installée au bord de la mer, la sculpture célèbre la culture vivrière ancestrale du littoral méditerranéen.
Réalisée en 1917, la sculpture est sortie des ateliers Rudier (fondeur de Rodin, de Bourdelle et Maillol). L’œuvre, acquise en 1970 par le Prince Rainier III, était installée à l’origine au Hall du Centenaire à Monte-Carlo.
Né le 27 septembre 1875 à Lille dans le Nord de la France, Louis Gustave Dussart épouse en 1905 à Monaco, Marguerite Fontana, fille de Jean-Philippe Fontana entrepreneur de travaux publics. Dussart fut élève de Jean-Léon Gérome. Sociétaire à Paris du Salon des Artistes Français depuis 1904, il obtint une mention honorable en 1909.
Il sculpte pour la façade du Musée Océanographique de Monaco deux œuvres inaugurées en 1903, Le Secours et Le Progrès venant au secours de l’Humanité . Il réalise en 1897, le Buste du colonel William Frederick Cody dit Buffalo Bill. Il décède le 19 février 1952 à Amiens dans la Somme.
Dans l’esprit du mouvement « Supports/Surfaces » auquel il a collaboré, Louis Cane accorde un primat à l’élément matériel de la composition. La structure de la balançoire propose un cadrage. Les couleurs vives sont en rupture avec le milieu naturel dans lequel l’œuvre est installée. Les matériaux utilisés sont composites. Les sujets abordés marquent néanmoins un retour de l’artiste à la figuration.
La sculpture en fer et bronze laqué polychromé est une pièce unique de la série des Demoiselles sur une balançoire . Les trois figures féminines dans un style burlesque sont prêtes à se balancer sur un portique géant. Fondue dans les ateliers Régis Bocquel, cette œuvre a été acquise par l’État monégasque en 1999.
Louis Cane est un peintre et sculpteur français né en 1943 à Beaulieu-sur-Mer qui travaille entre Paris et la Côte d’Azur. Étudiant à l’Ecole des Arts Décoratifs de Nice, il poursuit ses études à l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris. Sa première exposition personnelle de peintures abstraites a lieu en 1967 à Nice. Il réintroduit la signature pour affirmer le sujet et tamponne all-over ses toiles avec la mention « Louis Cane – Artiste peintre ».
Il est un membre actif du groupe « Supports/Surfaces », mouvement artistique éphémère né au lendemain de Mai 68. À partir de 1973, il est rédacteur de la revue Peinture, Cahiers Théoriques et se consacre essentiellement à la peinture qui devient semi-abstraite ou figurative. Depuis 1978, il travaille aussi la sculpture et, dès lors, alterne les deux modes d’expression. De nombreuses expositions de l’œuvre de Louis Cane ont été organisées à Paris, à Londres, à Chicago et à Sao Paulo.
S’il fallait définir l’œuvre de Lartigue, faudrait-il parler de sculpture ou de fontaine ? L’artiste répond à cette interrogation. « Pour définir mon travail je préfère parler de sculpture-fontaine. Elle donne à voir des mouvements d’eau créés sur ses propres volumes. Sans eau, durant l’hiver par exemple, elle existe toujours comme une œuvre d’art à part entière alors qu’une simple fontaine risque de laisser la triste image de simples tuyauteries. Dans mes sculptures, la forme sert d’appui à l’eau. Celle-ci est conçue comme un matériau à part entière. De plus, la quantité d’eau utilisée doit être en rapport avec le volume de la sculpture. Un filet d’eau sur un objet de plusieurs tonnes ne peut pas fonctionner ! »
L’œuvre commandée par le Prince Rainier III et la Princesse Grace en 1969 est rénovée par Brice, le fils de Guy Lartigue en 2022.
Né le 6 avril 1927 à Paris, Guy Lartigue est le fils de Maurice Lartigue, dit Zissou, frère ainé du photographe Jacques-Henri Lartigue. Il est l’élève de Jean Souverbie, Emmanuel Auricoste et d’Ossip Zadkine. Après des études de sculpture dans les académies de Montparnasse à Paris, Guy Lartigue réalise en France de nombreuses œuvres monumentales, en métal, en cuivre, en inox ou en granit. Lartigue utilise la feuille de métal qu’il plie et courbe. Il se réfère souvent, dans ses sculptures, au corps humain. Il réalise aussi de nombreuses sculptures décoratives, des fontaines et des bas-reliefs, qu’il intègre à l’architecture.
Il se définit comme un sculpteur statuaire amoureux du « chant de l’eau ». Dans la centaine de sculptures-fontaines que l’artiste a réalisées, l’eau s’apparente à un matériau parmi d’autres. Dans les années soixante, il lui a été commandé une sculpture-fontaine pour la résidence du roi d’Espagne à Marseille. Cette rencontre avec la sculpture et l’eau est déterminante. Il n’a de cesse de s’exprimer à travers elles. Il créé de multiples œuvres sculpturales, souvent monumentales, consacrant sa vie à l’art et à l’eau.
De Paris à Monte-Carlo, il conçoit des sculptures-fontaines pour les places, les jardins et les grands ensembles des années soixante-dix. Il décède à Paris le 5 mai 2021.
Arturo Martini puise son inspiration dans l’art antique et la mythologie. La Dormeuse représente une jeune femme allongée sur le ventre, la tête posée sur ses deux bras repliés. Dans les années trente, l’artiste entreprend des œuvres de grande dimension. La Dormeuse , réalisée en 1931, s’inscrit dans la suite de figures féminines allongées, commencée avec La Pisane en 1928 et poursuivie avec Femme au Soleil en 1930 et Femme sur sable en 1944. La sculpture en bronze est l’un des six exemplaires coulés à la fonderie Tesconi de Pietrasanta en Toscane en 1989.
Arturo Martini est un sculpteur, céramiste et graveur italien, né en 1889 à Trévise. Etudiant à l’Académie des Beaux-Arts de Venise, il travaille le bois, la terre cuite, la pierre, le bronze et s’inspire de l’art antique. Durant l’entre-deux-guerres, son style évolue. Il présente des œuvres monumentales dans des expositions internationales importantes à Milan, Rome ou à Venise. Il devient le sculpteur officiel du régime italien et ses nombreuses œuvres ornent des palais de justice, des églises et des universités comme le grand bronze Minerve installé à l’Université de Rome La Sapienza. Arturo Martini consacre les dernières années de sa vie à la peinture. Il est considéré comme l’un des plus grands sculpteurs italiens de l’entre-deux-guerres. Il décède en 1947 à Milan.
FlammeAu début des années soixante-dix, dans le cadre des grands travaux entrepris par la Principauté, le carrefour Saint-Roman est aménagé. Divers projets sont présentés et tous comportent une œuvre d’art symbolisant l’entrée par l’est de la Principauté. La flamme allégorique à cinq branches conçues par le décorateur Jacques Genin est choisie avec l’agrément du Prince Rainier III. Disposées en cercle, les cinq flammes englobent les deux losanges entrelacés, rappelant les écussons monégasques. Réalisée en acier corten, auto-patinable, l’œuvre se protège elle-même des intempéries.
À l’occasion de l’Exposition Universelle en 2022 à Dubaï, l’architecte Fred Genin, fils de Jacques Genin, réalise des petits exemplaires de la Flamme pour le Pavillon de Monaco.
Jacques Genin, né en 1929, est un décorateur de nationalité monégasque. Il fait ses études à l’Ecole des Arts Décoratifs de Nice et sort classé parmi les meilleurs élèves de la promotion de 1949. Il débute sa carrière comme charpentier menuisier ; il ouvre son premier atelier de décoration d’intérieur et deux magasins de meubles et de design à Monaco. Son travail de décorateur est très prisé par la Princesse Grace. Enthousiaste à propos de toutes les formes d’esthétique, il a été le président du jury de la Fête Internationale des Feux d’Artifice. Installé au « Palais Héraclès » sur le Boulevard Albert Ier dès le début des années soixante, il organise des expositions dans la galerie « Jacques Genin » jusqu’à la fin des années soixante-dix. Passionné de théâtre, il signe des décors pour le Théâtre aux Étoiles de Monte-Carlo, pour le Hall du Centenaire, pour le Stade Louis II, pour des opérettes et diverses représentations théâtrales. Il décore le Musée Napoléonien du Palais Princier et l’Office du Tourisme de Monaco. Président de l’Union des Commerçants de Monaco (1966-1976), il s’éteint à l’âge de 48 ans.
Japanese MagnoliaNall avait initialement prévu d’installer son magnolia géant près du Jardin Japonais de Monte-Carlo. L’artiste inspiré par les lavis japonais et par Salvador Dalí associe la délicatesse de la fleur asiatique et le surréalisme de sa monumentalité. L’œuvre offerte au regard du public, des passants et des touristes prend toute sa dimension en milieu urbain.
La sculpture est inaugurée en 2014 en présence de S.A.S. le Prince Albert II et de l’artiste. Érigé en mémoire du collectionneur d’art monégasque Michel Pastor décédé la même année, le monument témoigne de la reconnaissance de l’artiste à ses mécènes. La sculpture est un don de Nall à la Principauté de Monaco.
Fred Nall Hollis dit Nall est un artiste peintre, portraitiste, graveur, sculpteur, mosaïste américain, né en 1948 à Troy dans l’Alabama. Dès son enfance, il dessine et fait des études d’Art, de Sciences Politiques et de Psychologies à l’Université d’Alabama à Tuscaloosa. En 1971, il est admis à l’École des Beaux-Arts de Paris avec la note maximale. Salvador Dali, son mentor, lui conseille alors : « dessine d’après nature, dessine encore et encore… ». Inspiré par l’art des Indiens Huichol, par l’art psychédélique américain, le fauvisme, l’impressionnisme et les lavis japonais, il travaille essentiellement à des dessins en noir et blanc.
L’art de Nall est le reflet de son environnement. Grand voyageur, il s’inspire de l’architecture arabe et byzantine, des formes géométriques des quilts d’Alabama et des compositions géométriques du peintre Mondrian. En 1976, il s’installe à Nice. Il achète l’atelier de Jean Dubuffet à Vence en 1986 puis la Fondation Karolyi rebaptisée Nall Art Association en 1996 où de nombreux artistes s’installent.
Dès les années 2000, de nombreuses réalisations lient l’artiste à la Principauté de Monaco. Nall réalise une illustration pour le 51e Bal de la Croix-Rouge monégasque à la demande de S.A.S. le Prince Albert de Monaco en 2000. Il créé deux monumentales mosaïques Sunrise & Sunset Pensée , mesurant 5 m sur 5 m chacune, pour orner le Grimaldi Forum en 2003 et les œuvres Peace Frame et Violata Pax colombe dans le cadre du projet Violata Pax en 2006. De nombreuses collections permanentes en France, aux Etats-Unis, en Italie conservent ses œuvres. Il vit actuellement en Alabama, à Fairhope où il forme des élèves.