Au début des années quatre-vingt, Manolo Valdès entame une série intitulée Les Menines, interprétation contemporaine du tableau de Velázquez et de son rôle dans l’évolution de la peinture. Les recherches volumétriques et les images en trois dimensions guident son travail. Les premières épreuves sont composées de formes cylindriques, de cônes et de sphères que l’artiste concrétise dans le bois ou le bronze. Le sculpteur décline à l’envi la robe à panier de la Reine Marina. Valdès interprète le portrait de la seconde épouse de Felipe IV, réalisé en 1652-1653 par Velázquez, à la fois pour rendre hommage au grand peintre espagnol et comme prétexte pour l’adapter au mouvement avant-gardiste. Des sculptures monumentales des Ménines sont exposées à Madrid, Munich, Bilbao, Biarritz et Monaco.
Manolo Valdès est né à Valence (Espagne), le 8 mars 1942. En 1957, il suit des études à l’Ecole des Beaux-Arts San Carlos à Valence. En 1964, Valdès co-fonde le groupe « Equipo Crónica », mouvement influencé par le Pop Art. A partir de 1981, Valdès débute sa carrière personnelle et montre une grande admiration pour les néo-expressionnistes allemands, ainsi que pour les travaux de Rembrandt, Vélasquez, Rubens, Matisse, Monet et Picasso. Dans l’histoire de l’Art, le travail de Valdès est considéré comme une réinterprétation ou une distorsion de la peinture, où divers éléments et matériaux souvent contradictoires se mélangent.
L’artiste participe à de nombreuses expositions dans des galeries et des musées à travers le monde. En 1999, il est nommé représentant espagnol à la 48e édition de la Biennale de Venise, aux côtés de l’artiste Esther Ferrer. En 2002, le Guggenheim Museum de Bilbao organise la première grande rétrospective de l’artiste, événement ayant remporté un succès exceptionnel auprès du public.
Manolo Valdès a été fait officier de l’Ordre du Mérite Culturel de la Principauté de Monaco en 2005. Il vit et travaille actuellement à New York.
Adam et Ève est un thème récurrent dans l’œuvre picturale et sculpturale de Fernando Botero Il joue avec humour de la juxtaposition du monumental et du « miniature ». Botero utilise les volumes dans un sens surréaliste, la rondeur amplifiée s’adapte parfaitement à la sculpture qui exprime la sensualité et la vitalité des corps de ces deux personnages monumentaux.
L’œuvre est acquise par la Principauté en 1987.
Fernando Botero est un peintre et sculpteur colombien, né en 1932 à Medellin. Il vit et travaille entre Paris, la Colombie, New York, Monaco et la Toscane. Ses premiers dessins s’inspirent de l’art précolombien, ainsi que des œuvres des muralistes mexicains tel que Diego Rivera. Voyageant en Europe, il étudie des œuvres classiques, celles de Vélasquez et de Goya à Madrid, d’Ingres à Paris ou bien des artistes de la Renaissance à Florence. En 1957, avec le tableau Nature morte à la mandoline, l’artiste découvre pour la première fois la possibilité de dilater les formes et d’exagérer les volumes. Il trouve ainsi un style qui lui est propre. En 1960, il s’installe à New York où il reçoit le Prix International Guggenheim pour son tableau La Bataille de l’Archi-diable et le Museum of Modern Art de New York achète en 1961 Mona Lisa, Age Twelve. Botero acquiert ainsi une reconnaissance mondiale grâce à son style particulier. Ses sujets de prédilection sont notamment les natures mortes, les nus féminins, les portraits de famille, les scènes de tauromachie ou celles de la vie quotidienne de la société colombienne.
Dans les années soixante-dix, il s’installe à Paris où il s’initie à la sculpture du bronze. Pour Botero, cette forme d’art est le prolongement naturel de son univers pictural. En effet, ses personnages prennent leur pleine mesure grâce à l’espace en trois dimensions, leurs formes voluptueuses deviennent palpables et offrent ce que l’artiste appelle une « alternative poétique à la réalité ». Ses sculptures ont été exposées à Florence en 1991, sur l’avenue des Champs-Élysées à Paris en 1992 ou encore sur Park Avenue à New York en 1993. Certaines de ses sculptures sont également installées dans les espaces publics de Lisbonne, Madrid, Munich, Singapour et Tokyo. Fernando Botero est décédé en Principauté, le 15 septembre 2023
Etonnante épopée que celle de ces blocs de lave de Volvic… Extraits des carrières du Massif Central, débités en plaques, émaillés en Provence, on les retrouve découpés en 24.000 losanges de quatorze couleurs éclatantes, ornant sur 1500 m2 le toit de l’Auditorium Rainier III. L’œuvre monumentale évoque une forme récurrente dans l’œuvre de Vasarely. Elle concrétise les idées maîtresses de l’artiste sur l’intégration de la beauté plastique dans l’environnement urbain quotidien.
Baptisée Hexa Grace, en l’honneur de la Princesse Grace, l’œuvre de Vasarely est commandée par l’État monégasque selon la volonté du Prince Rainier III.
Victor Vasarely est né le 9 avril 1908 à Pécs en Hongrie. Peintre spécialiste des effets cinétiques, lithographe et même cinéaste, Victor Vasarely est un créateur prolifique qui sait savamment tirer parti de la production de multiples pour se faire connaître internationalement. Sa première exposition personnelle a lieu en 1930 à Budapest et il s’installe à Paris la même année. Le génie de Vasarely est d’exploiter son œuvre à profusion avec l’aide de nombreux collaborateurs travaillant d’après ses programmations. Il anticipe en quelque sorte Andy Warhol. Ceci lui permet de toucher un vaste public. Par le biais d’une production massive d’affiches dites psychédéliques, à la fin des années soixante, tout un chacun peut désormais orner ses murs d’un de ces posters. Il est considéré comme l’inventeur de « l’art optique ».
En 1964, Vasarely reçoit le Prix International Guggenheim, puis en 1965 le Grand Prix de la Gravure de Ljubljana en Slovénie et le Grand Prix de la Biennale de Sao Paulo. Il s’installe à Gordes dans le Vaucluse dans les années soixante-dix. Il décède à Paris en 1997.
Le modèle représenté est une « McLaren MP4-13 » victorieuse au 56e Grand Prix de Monaco. La saison 1998 fut une année faste pour l’écurie McLaren avec les pilotes Mika Häkkinen et David Coulthard. C’est le grand retour de l’écurie désormais associée à Mercedes-Benz. Un début de saison sur les chapeaux de roues avec cinq victoires au cours des six premières courses jusqu’au titre constructeur et au sacre de Mika Hakkinen. La sculpture F1 McLaren a été inaugurée lors de la soirée de clôture du Grand Prix de Monaco en 2000, en présence du Prince Rainier III, de la famille princière, des pilotes et de l’artiste.
Christian Maas est un sculpteur-fondeur français né en 1951 à Saint Etienne. Après des études de langues et d’Histoire de l’art, il voyage dans le monde entier, avant de se consacrer exclusivement à la sculpture et de s’initier à la manipulation du bronze dans diverses fonderies en 1988. Il pratique la technique de la fonte à la cire perdue et exécute ses patines lui-même. Trois à cinq mois sont nécessaires pour la réalisation d’une sculpture, ce temps relativement long est dû à sa technique de travail et à sa volonté de créer des œuvres aussi réalistes que possibles. Christian Maas se consacre plus récemment à des œuvres en aluminium. Ses inspirations sont mythologiques (série des Bacchus), animalières (Le Grand Etalon, Le Taureau de Combat) ainsi que des thèmes modernes hyperréalistes représentant grandeur nature des personnalités et célébrités internationales (Jacques Chirac, la famille princière de Monaco, David Bowie).
Artiste engagé, il aime mettre ses œuvres au service de causes sociales et environnementales. Son exposition «Toreshima », présentée en 2002 au Musée océanographique de Monaco, est consacrée aux oiseaux et animaux victimes de catastrophes pétrolières.
Cette sculpture en marbre de Garfagnana est offerte au Prince Rainier III à l’occasion du 50ème anniversaire de son règne en 2001.
À la fois massive et délicate, cette œuvre incite à la réflexion sur l’intervention du spirituel dans la vie quotidienne. Elle est destinée à canaliser les énergies spirituelles dans les espaces qu’elles occupent et à inviter à la contemplation du divin. Pour chaque sculpture, Pablo Atchugarry sélectionne personnellement un bloc approprié et participe activement à sa sculpture, avec une aide minimale d’assistants. Il est souvent comparé à Michel-Ange pour sa grande dévotion et sa manière de sculpter directement la matière – par opposition aux pratiques d’atelier de plusieurs de ses contemporains. Il n’y a pas de point de vue idéal pour examiner l’œuvre. Le spectateur est censé l’observer dans son ensemble et contempler comment toutes les parties de la sculpture fonctionnent entre elles. Manipulant des courbes sinueuses, des plis en accordéon, des ouvertures ovoïdes et un alignement typiquement vertical, le sculpteur crée des formes très évocatrices de plantes, d’arbres, de vagues déferlantes, de natures mortes et de figures humaines. Ses sculptures sont à la fois figuratives et abstraites.
Pablo Atchugarry est un peintre et sculpteur uruguayen, né en 1954 à Montevideo. Dès l’enfance, encouragé par son père, amateur d’art et ancien élève de l’artiste constructiviste Joaquin Torres Garcia, il montre un intérêt et des aptitudes pour la peinture. Ses premières expositions personnelles ont lieu en Amérique du Sud (Montevideo en 1972 et Buenos Aires en 1974) puis il entreprend, en 1977, un voyage d’étude en Europe qui le mène en Espagne, en France puis en Italie.
En 1979, il commence à sculpter la pierre et le marbre à Paris et Carrare. En 1982, il s’installe à Lecco en Lombardie où il vit et travaille désormais, continuant à sculpter le marbre blanc de Carrare, le marbre rose du Portugal, le marbre gris de Bardiglio, le marbre noir de Belgique. En 1987, il organise sa première exposition personnelle de sculptures à Milan. Son style sculptural poétique a permis à Pablo Atchugarry de s’exprimer à travers des œuvres monumentales, qui sont désormais situées dans divers espaces publics en Europe et en Amérique Latine.
En 2007 il a ouvert la Fundación Pablo Atchugarry à Punta de l’Este dans le sud de l’Uruguay. Cette institution vise à stimuler les arts et à créer un lieu de rencontre pour les artistes de toutes disciplines dans un lieu idéal alliant nature et art où se situe un parc international de sculptures monumentales.
Cette œuvre monumentale représente une ballerine gracieuse qui exécute un pas de danse sur un globe terrestre bleu serti d’étoiles dorées. Sa chevelure et sa tunique sont également rehaussées à la feuille d’or. Cette sculpture dénote des peintures figuratives ou des sculptures monochromes de l’artiste qui aime représenter des figures féminines plutôt voluptueuses comme son homologue latino-américain Fernando Botero.
Elle a été offerte au Prince Rainier III par le Club Allemand International de Monaco à l’occasion des trente ans d’existence de l’association créé à l’initiative de l’Hôtelier Karl Vanis. Témoignage de la concorde entre les pays européens, l’œuvre invite à méditer sur le rôle des arts dans le dialogue entre les cultures.
Christian Peschke est un peintre et sculpteur allemand, né en 1946 à Säckingen. Il étudie à l’Académie des Beaux-Arts de Stuttgart et voyage en Europe. Il travaille essentiellement en Allemagne et en Italie. Ami de Salvador Dali, d’Arno Breker et d’Ernst Fuchs, il réalise des tableaux colorés et des sculptures monumentales représentant des femmes plantureuses pleines de vitalité, qui expriment la joie de vivre et la sensualité.
En 1996, une grande exposition lui est consacrée à Monte-Carlo sous l’impulsion de Christine Esswein présidente du Club Allemand International de Monaco. En 2015, La Maison Peschke est inaugurée à Flintsbach en Allemagne, atelier de l’artiste et lieu d’exposition consacré à l’architecture et à la création artistique. Christian Peschke décède en 2017.
Cette œuvre monumentale, dédiée à S.A.R. la Princesse Caroline de Monaco pour célébrer la naissance de sa fille Charlotte Casiraghi en 1986, est acquise par le Palais princier en 1987. Elle est constituée d’un assemblage d’importants blocs taillés dans le marbre blanc, mettant en valeur les creux et les pleins. La sculpture exprime une énergie qui semble résulter d’un véritable combat avec la matière.
Né le 28 mai 1937 à Gistel (Belgique), Stefaan Depuydt est un sculpteur qui réalise des œuvres abstraites monumentales en pierre ou en bronze. Élève de l’Institut supérieur Saint-Luc à Gand de 1949 à 1956, de l’atelier de Charles Leplae, et de l’Institut supérieur des arts décoratifs de la Cambre à Bruxelles, il obtient en 1962 le Prix de Sculpture de la Flandre Occidentale – tout comme son épouse Livia Canestraro en 1966.
Modified Social BenchModified Social Benches est une série de pièces sculpturales singulières, disséminées dans des espaces publics. Hein a conçu ses bancs comme une critique humoristique des conceptions contraignantes et clivantes de l’espace urbain. La forme de base imite le banc traditionnel d’un parc ou d’un jardin, qui modifiée à divers degrés, transforme l’acte de s’asseoir en un effort physique singulier. Les créations nous mettent au défi de nous asseoir, de grimper et de jouer sans perdre l’équilibre. Ce sont des bancs développeurs de sociabilité forte réservés à un usage anormal, hors normes et pourtant si ordinaire.
En modifiant la forme des bancs, Jeppe Hein a créé un mobilier ludique classé quelque part entre les œuvres d’art et les objets de design fonctionnels. Les œuvres de Hein placent les spectateurs au centre des événements et se concentrent sur leur expérience et leur perception de l’espace environnant.
Jeppe Hein, né en 1974 à Copenhague, est un artiste danois installé à Berlin. Il étudié à l’Académie royale danoise des arts à Copenhague et à l’École supérieure des Beaux-Arts Städel à Francfort-sur-le-Main. Jeppe Hein est largement connu pour sa production d’œuvres expérimentales et interactives qui peuvent être placées à la jonction de l’art, de l’architecture et des inventions techniques. Ses œuvres, uniques par leur simplicité formelle et remarquables par leur utilisation fréquente de l’humour, engagent un dialogue vivant avec les traditions de la sculpture minimaliste et de l’art conceptuel des années soixante-dix.
Jeppe a fait l‘objet de très nombreuses expositions personnelles dans le monde entier. Il a participé à la Biennale de Venise en 2003 ainsi qu’en 2019. Ses installations permanentes sont exposées à l’ARKEN Museum of Modern Art, à la Guardia Airport aux États-Unis, en Norvège, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni.
Illustre représentant de la sculpture romantique, Jean-Baptiste Carpeaux réalise de nombreux bustes spontanés et réalistes dans lequel s’exprime une variété d’émotions. La douceur du sourire de ce jeune faune rappelle celui de son chef-d’œuvre de jeunesse, Le Pêcheur à la coquille, créé en 1858. Le personnage mythologique, assis sur une souche, semble s’amuser du félin en tenant dans sa main gauche un oiseau. Son titre original est La Proie. Ce modèle de Carpeaux aurait été édité à un très petit nombre d’exemplaires.
Plus de vingt ans après la mort du maître, la pièce d’Arthur Pierre a été produite en 1896 pour orner le Tir aux Pigeons de Monte-Carlo créé par la Société des Bains de Mer. La statue était placée en extérieur sur le toit du bâtiment, comme antéfixe, formant une sorte d’épi de faîtage. La sculpture est un modèle déposé des Hauts Fourneaux & Ateliers de construction de Tusey dans la Meuse.
Jean-Baptiste Carpeaux est né à Valenciennes en 1827. Mondialement renommé pour ses sculptures de sujets allégoriques, groupes, figures, bustes, portraits et bas-reliefs, il est peintre, graveur et dessinateur. En 1844, il entre à l’École des Beaux-Arts, dans la classe de François Rude, puis intègre la Villa Médicis pendant quatre années. De retour à Paris, en 1862, la notoriété de Jean-Baptiste Carpeaux va grandissant et les commandes affluent. Il devient le sculpteur officiel de Napoléon III et est chargé de l’éducation artistique du Prince impérial. Il décède en 1875 à Courbevoie.
Arthur Pierre, né le 30 juillet 1866 à Anvers, fait ses études aux Académies des Beaux-Arts de Termonde et d’Anvers. Membre du groupe « Als Ik Kan », il réalise des monuments aux morts et des statues funéraires. Il décède en 1938.
La série des néons Foreigners Everywhere (« Étrangers partout ») reprend le nom d’un collectif d’anarchistes de Turin combattant le racisme. Cette tournure énigmatique a spécialement inspiré les artistes de Claire Fontaine.
La locution, traduite sous forme de néons, envahit les espaces urbains comme les espaces d’exposition, allant à la rencontre de tous, utilisant les codes de la communication et de la consommation pour mieux les critiquer. Le collectif d’artistes veut sensibiliser aux nouvelles réalités du fait migratoire dans le monde : « aujourd’hui l’immigration et l’émigration ne sont plus de simples épiphénomènes liés à l’économie. Ce sont des expériences existentielles et perceptives à part entière. (…) Nous croyons aussi que dans notre travail l’usage de différentes langues n’est pas une coquetterie. Il vient du fait d’être né ailleurs et d’être parti sans raison particulière, si ce n’est celle de ne plus être chez soi ».
Claire Fontaine est un collectif d’artistes fondé en 2004 à Paris par une artiste italienne Fulvia Carnevale et un artiste anglais James Thornhill. Après avoir tiré son nom d’une marque populaire de cahiers pour écoliers, Claire Fontaine s’est autodéclarée « artiste ready-made ». Entre Art Conceptuel et Appropriationnisme, le travail de Claire Fontaine questionne la culture occidentale des années soixante-dix à aujourd’hui. Le collectif prône un activisme artistique.