Chemin des Sculptures
La ballerina

Marco Lodola utilise comme matériau de base du verre acrylique, le perspex, dans lequel il découpe des silhouettes inspirées des stars du cinéma, des comédies musicales, des années quarante et cinquante. Par le biais de ces figures peintes en couleurs primaires ou illuminées de néons qu’il incorpore dans la matière plastique, il revisite les mythes de notre société contemporaine avec humour et poésie. L’œuvre est acquise par la Principauté en 1998.

Marco Lodola est un artiste italien né le 4 avril 1955. Il fréquente l’Academia di Belle Arti de Florence, puis de Milan. Au début des années 1980, il fonde avec d’autres artistes le « Nouveau Futurisme ». À travers ce mouvement, il parcourt les plus grandes villes italiennes où il expose ses œuvres. Il utilise des néons et du plastique pour réaliser ses sculptures lumineuses. Il participe à différentes expositions, notamment à la Galerie La Nuova Pesa à Rome, au Studio Marconi à Milan, au Palazzo Brichenasco à Turin, à la Galerie Marisa del Re à New York, au Boca-Museum de Boca Raton en Floride ou à la XIIe Quadriennale de Rome.
Il présente des expositions personnelles en Principauté en 1999 et 2003. Il diversifie ses travaux à travers le monde de l’édition en illustrant des œuvres de romanciers italiens et japonais, puis en s’initiant à la sérigraphie.

Le manteau de la conscience

Le Manteau vide également appelé Manteau de la Conscience, Pietà ou encore Commandeur est l’œuvre la plus connue d’Anna Chromý. Sculptée dans un bloc de marbre blanc de Carrare, l’œuvre invite à la méditation. « Ce manteau est, pour moi, le symbole de ce qui nous survit après notre passage sur terre », commente l’artiste. Elle a l’idée de la série des Manteaux alors qu’elle réalisait le portrait d’une femme derrière laquelle se trouvait son propre manteau. La création est spontanée, elle ne cesse d’en rechercher le sens profond. La sculpture offerte par le Club allemand à la Principauté est le premier Manteau de la Conscience en marbre. Elle est dévoilée le 8 aout 2014 par S.A.S. le Prince Albert II.

Anna Chromý est née le 18 juillet 1940 à Krumau dans le protectorat de Bohême-Moravie. À la fin de la Seconde Guerre mondiale, la famille d’Anna Chromý quitte la Bohême pour Vienne et Salzbourg, en Autriche. Après son mariage et son installation à Paris, Anna étudie la peinture à l’École nationale supérieure des Beaux-Arts où elle s’est fait rapidement une réputation pour ses visions surréalistes. Un accident survenu en 1992 l’empêchera durablement de peindre. Elle se tourne alors vers la sculpture en bronze et en marbre.
Installée à Roquebrune-Cap-Martin, elle trouve l’inspiration et son matériau en Italie dans les carrières de Carrare et de Pietrasanta. Ses sculptures à grande échelle ont été installées dans un grand nombre de sites remarquables en Europe et en Chine.. Bien que la majorité de ses œuvres soit figurative, les sujets évoquent la mythologie gréco-romaine, comme les fables d’Orphée et Sisyphe. Anna Chromy cite le surréalisme comme une de ses principales influences. Très attachée à la Principauté, elle s’éteint le 18 septembre 2021 à Monaco.

Buste du Prince Louis de Polignac

La Maison de Polignac est une grande famille de la noblesse française. Des liens étroits unissent la Famille Grimaldi et la Famille de Polignac. En 1920, la Princesse Charlotte épouse le Comte Pierre de Polignac, parents du Prince Rainier III. Né en 1909, le Prince Louis de Polignac est le fils d’Henri Prince de Polignac et de Diane de Polignac, cousine germaine du Prince Pierre de Monaco.
Très proche du Prince Rainier III et de la Princesse Grace, le Prince Louis de Polignac fut le parrain de S.A.S. le Prince Albert II. Président délégué de la Société des Bains de Mer, membre du Conseil d’administration de la Fondation Prince Pierre de Monaco, membre de la Fondation Singer-Polignac, il s’éteint en 1996. En 1997, la Fondation Prince Louis Polignac est créée pour promouvoir les arts et les sciences.

Kees Verkade, de nationalité néerlandaise, est né le 12 octobre 1941, à Harleem, aux Pays-Bas. Après des études secondaires, il entre à l’Académie Royale des Beaux-Arts de La Haye d’où il sort avec le premier prix. Résidant en Principauté à partir de 1979, il participe à de très nombreuses expositions collectives et personnelles. De nombreuses sculptures lui ont été commandées pour orner des bâtiments officiels, dans son pays natal, mais également en Europe, aux Etats-Unis et, bien entendu, en Principauté de Monaco – laquelle a fait l’acquisition de plusieurs de ses œuvres. Parmi les œuvres de Verkade situées à Monaco se trouvent : dans les Jardins Saint-Martin, Invitation ; devant le Stade Louis II, Le Sport ; au sein du Square Beaumarchais, le buste du Prince Louis de Polignac (cousin de S.A.S. Le Prince Souverain) ; devant le Centre Hospitalier Princesse Grace, Le Premier Pas.
En 1999, une rétrospective lui est consacrée à Monaco pour célébrer ses quarante ans de carrière artistique. Le Prince Rainier III lui remet la même année les insignes de l’Ordre du Mérite Culturel et ceux d’Officier de l’Ordre des Grimaldi. Une rétrospective complète, intitulée Circle of Love, lui est consacrée en 2012. Kees Verkade s’éteint le 29 décembre 2020 à Monaco. Sa dernière œuvre, nommée Salutifera Unitas, fut commandée par une fondation néerlandaise afin de remercier les soignants qui furent en poste lors de la pandémie du coronavirus.

Ideali Bianco Garfagnana

Cette sculpture en marbre de Garfagnana est offerte au Prince Rainier III à l’occasion du 50ème anniversaire de son règne en 2001.
À la fois massive et délicate, cette œuvre incite à la réflexion sur l’intervention du spirituel dans la vie quotidienne. Elle est destinée à canaliser les énergies spirituelles dans les espaces qu’elles occupent et à inviter à la contemplation du divin. Pour chaque sculpture, Pablo Atchugarry sélectionne personnellement un bloc approprié et participe activement à sa sculpture, avec une aide minimale d’assistants. Il est souvent comparé à Michel-Ange pour sa grande dévotion et sa manière de sculpter directement la matière – par opposition aux pratiques d’atelier de plusieurs de ses contemporains. Il n’y a pas de point de vue idéal pour examiner l’œuvre. Le spectateur est censé l’observer dans son ensemble et contempler comment toutes les parties de la sculpture fonctionnent entre elles. Manipulant des courbes sinueuses, des plis en accordéon, des ouvertures ovoïdes et un alignement typiquement vertical, le sculpteur crée des formes très évocatrices de plantes, d’arbres, de vagues déferlantes, de natures mortes et de figures humaines. Ses sculptures sont à la fois figuratives et abstraites.

Pablo Atchugarry est un peintre et sculpteur uruguayen, né en 1954 à Montevideo. Dès l’enfance, encouragé par son père, amateur d’art et ancien élève de l’artiste constructiviste Joaquin Torres Garcia, il montre un intérêt et des aptitudes pour la peinture. Ses premières expositions personnelles ont lieu en Amérique du Sud (Montevideo en 1972 et Buenos Aires en 1974) puis il entreprend, en 1977, un voyage d’étude en Europe qui le mène en Espagne, en France puis en Italie.
En 1979, il commence à sculpter la pierre et le marbre à Paris et Carrare. En 1982, il s’installe à Lecco en Lombardie où il vit et travaille désormais, continuant à sculpter le marbre blanc de Carrare, le marbre rose du Portugal, le marbre gris de Bardiglio, le marbre noir de Belgique. En 1987, il organise sa première exposition personnelle de sculptures à Milan. Son style sculptural poétique a permis à Pablo Atchugarry de s’exprimer à travers des œuvres monumentales, qui sont désormais situées dans divers espaces publics en Europe et en Amérique Latine.
En 2007 il a ouvert la Fundación Pablo Atchugarry à Punta de l’Este dans le sud de l’Uruguay. Cette institution vise à stimuler les arts et à créer un lieu de rencontre pour les artistes de toutes disciplines dans un lieu idéal alliant nature et art où se situe un parc international de sculptures monumentales.

Saint Martin de Tours

Saint Martin de Tours est né en 316 dans l’Empire romain à Savaria (actuelle Hongrie) et mort à Candes, en Gaule, le 8 novembre 397. Légionnaire romain, il devient évêque de Tours en 371. Le culte martinien est attesté dans la région dès le XIe siècle au Cap du même nom. La chapelle, dédiée autrefois à Saint-Martin, édifiée à l’est du Rocher, est mentionnée au XIIIe siècle. Elle est désaffectée après la construction de l’église paroissiale Saint-Nicolas. Le Prince Honoré II la fait restaurer en 1630 et la rend au culte. Elle est détruite en 1755. Au début du XIXe siècle, l’aménagement des Jardins Saint-Martin par le Prince Honoré V conserve le souvenir de la dédicace de l’ancienne chapelle. En 1911, la paroisse Saint-Martin est créée dans le quartier Plati perpétuant le culte du Saint à Monaco.
Saint Martin est souvent représenté en légionnaire romain partageant en deux son manteau pour le donner à un mendiant. La statue de Mussner, placée dans l’oratoire en contrebas de l’avenue Saint-Martin, le représente avec la crosse épiscopale.

L’atelier « Mussner G. Vincenzo » est situé à Ortisei, sur les hauteurs des Dolomites, au nord-est de l’Italie. Le Val Gardena est connu sous le nom de « Vallée des sculpteurs sur bois ». En 1892, le maître sculpteur Giacomo Mussner fonde un atelier très réputé. Depuis sa fondation, cinq générations de sculpteurs perpétuent la tradition familiale. Maîtres de l’art sacré, les Mussner sont régulièrement primés et reçoivent des commandes de nombreux pays. Le Pape Jean-Paul II bénit en 1998 une statue de « Marie de Nazareth » créée par Gregor Mussner, le fils de Vincenzo Giacomo.

Mélodie

La musique est un thème récurrent dans l’œuvre d’Arman. Au début des années soixante, il réalise des « colères » de piano, des « accumulations » de trompettes et des « coupes » de violoncelles et de violons. L’artiste lui-même y voit un « acte scandaleux » mais stimulant pour la pensée. Il évoque le tirage en bronze dans son processus créatif. « J’ai fait un violon coupé en deux qui a été coulé en bronze en 1978. Je me suis aperçu que je pouvais travailler le bronze comme je travaillais le bois. J’ai rapidement compris les possibilités : si je cassais un vrai violoncelle, je devais, pour le faire tenir debout, mettre les débris dans du plastique ou les fixer avec des vis. Si je le transpose en bronze, les morceaux restent libres dans l’espace et tiennent debout. Je me suis senti libre de faire des tas de choses et je n’avais plus besoin de plastique. De plus, le bronze à l’avantage de pouvoir être multiplié : le moule coûtant très cher, on l’amortit en tirant une dizaine de pièces. »

Arman (Armand Fernandez), né en 1928 à Nice, est un artiste français, peintre, sculpteur et plasticien. Il fait ses études à l’École des Arts Décoratifs de Nice, puis à l’École du Louvre à Paris.
Lié à Yves Klein depuis 1946, Arman participe en 1960 à la fondation du groupe des Nouveaux Réalistes de Pierre Restany connu sous le nom d’École de Nice. Arman, qui signe ses œuvres de son prénom en hommage à Van Gogh, décide d’abandonner le « d » d’Armand et officialise sa signature d’artiste, en 1958, à l’occasion d’une exposition chez Iris Clert. En réponse au Vide d’Yves Klein, son approche constitue le point de départ des « Accumulations » et des « Colères » qui demeurent les deux volets de son appropriation de l’objet. Il participe à de très nombreuses expositions en France et à l’étranger.
A partir de 1961, Arman réside et travaille à New-York et séjourne souvent à Nice et à Vence. Il expose régulièrement à Monaco. Toute sa vie, Arman fut aussi un collectionneur passionné d’objets usuels (montres, armes, stylos…) et d’objets d’art, en particulier d’art africain traditionnel dont il était un spécialiste apprécié et reconnu. Il meurt en 2005 à New York.

Frère et Sœur

Célèbre peintre et dessinateur surréaliste, André Masson n’a créé que dix-neuf sculptures. Dans les années vingt, à Paris, il s’initie au travail de la glaise et prend conseil auprès de son ami Giacometti : c’est ainsi qu’il crée ses deux œuvres intitulées Métamorphose. Durant sa période américaine (1941-1945), il réalise plusieurs œuvres en plâtre et en bronze dont Frère et Sœur en 1942.
Les deux personnages sont représentés par des formes géométriques étirées et déformées. Quelques années avant sa mort, on lui propose de réaliser des œuvres monumentales à partir de ses premières sculptures. Frère et Sœur est fondue en 1986. Après un moment de réticence et une fois la fonte effectuée dans les ateliers Brustolin à Vérone, Masson admet que ses œuvres ont gagné en beauté.

André Masson, né en 1896 à Balagny dans l’Oise, est un peintre, graveur, illustrateur, décorateur et sculpteur français. Très tôt formé à la peinture, il intègre l’Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles de 1907 à 1912 où il apprend surtout la décoration murale. Il poursuit sa formation artistique à Paris, à l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts. Il fréquente assidûment le milieu intellectuel parisien et adhère au mouvement surréaliste sur l’invitation d’André Breton en 1924. Il fait la rencontre d’artistes majeurs tels que Max Ernst, Jean Arp ou encore Man Ray. En 1927, inspiré par le principe de l’écriture automatique développé par Breton, Masson crée ses premiers « dessins automatiques » et ses « tableaux de sable ». Son imagination trouve son inspiration dans les grands mythes de la Grèce Antique.
En 1932, il répond à une commande des Ballets russes de Monte-Carlo pour réaliser les décors et costumes du ballet Les Présages, dont la première a lieu en avril 1933. Philosophe artiste, Masson est également illustrateur d’œuvres de Sade, Rimbaud et Bataille dont il est l’ami fidèle. Il passe les années de la Deuxième Guerre Mondiale à New York puis dans le Connecticut où il influence des artistes du mouvement expressionnisme abstrait comme Jackson Pollock. De retour en France, en Provence puis à Paris, il fréquente assidument Jean-Paul Sartre. En 1965, André Malraux lui confie la décoration du plafond du théâtre de l’Odéon.
Des rétrospectives sont organisées à Berlin en 1964, à Amsterdam et à Paris en 1965, au Museum of Modern Art de New York en 1976 et au Grand Palais à Paris en 1977. En 1979, à la suite d’ennuis de santé, il abandonne la peinture et ne se consacre plus qu’au dessin. Il meurt à Paris en 1987. Ses œuvres sont aujourd’hui exposées dans les plus grandes galeries, telles que le MoMA à New-York, le Tate Modern à Londres, le Musée d’Art Moderne et le Centre Pompidou à Paris.

Jeune fille à l’oiseau

Emma de Sigaldi réalise en 1967 une première version de la statue de la naïade en plâtre. Cette statue représente une jeune naïade accroupie avec un petit oiseau posé sur l’épaule. Il émane de son visage souriant, dépourvu de tout détail réaliste, un sentiment d’allégresse et de quiétude. Le petit oiseau, symbole du printemps, souligne quant à lui la proximité de la baigneuse avec la nature. En 2002, la statue est démontée et envoyée à Pietrasanta à la Fonderia Artistica Versiliese , fondeur habituel de De Sigaldi, pour y être moulée et coulée en bronze. La nouvelle version est installée en 2003.

Emma de Sigaldi, née Emma Lackner à Karlsruhe en Allemagne le 22 décembre 1910, est une artiste monégasque. Elle s’est d’abord consacrée à la danse dans sa ville natale, puis à Dresde chez l’illustre Mary Wigman. Nommée première danseuse à l’Opéra de Munich, elle ouvre une école de danse à Wiesbaden. Elle se forme à la sculpture au contact de maîtres du Bauhaus et poursuit en autodidacte.
En 1954, elle se marie avec le Comte de Sigaldi, Capitaine des Carabiniers du Prince et s’installe à Monaco. Une première exposition personnelle lui est consacrée dès 1960. Dans son atelier, elle réalise tout d’abord des figures modelées suivant une vision expressionniste, comme Le Plongeur Olympique du Stade Nautique Rainier III (1961). Mais déjà la terre cuite La Mère , modelée la même année, préfigure ce que sera sa nouvelle manière de créer. À partir des années 1970, Sigaldi réalise des sculptures en marbre aux formes naturelles dans lesquelles on ressent l’influence d’Arp et de Moore.
En 1983, une rétrospective placée sous le Haut Patronage du Prince Rainier III retrace l’évolution de vingt-cinq sculptures de l’artiste monégasque. Un grand nombre de ses œuvres sont présentes dans des collections publiques et privées à Monaco, ainsi que dans le monde entier. Emma De Sigaldi décède à Monaco le 23 octobre 2010.

Le messager

Le Messager est une œuvre monumentale de l’artiste Ossip Zadkine. Elle a été offerte par la « Broere Charitable Foundation » à l’Institut Océanographique de Monaco pour saluer ses efforts en matière de protection des océans. Cornelis Broere a exprimé le vœu que cette sculpture soit placée à proximité du Musée Océanographique pour être en accord avec la volonté d’Albert 1er d’unifier art et science : « Réunir dans un même éclat les deux forces directrices de la civilisation : l’Art et la Science. » Le Messager, également appelé Le Porteur de présents ou Le Navigateur, a été réalisée d’après une œuvre originale en bois présenté lors de l’Exposition universelle de 1937.
Cette version en bronze, dévoilée le 7 novembre 2022 par le Prince Souverain Albert II, est la troisième épreuve d’une série de huit, réalisée d’après l’original par la Fonderie Susse Frères en 1992. Le socle de la statue est en pierre de la Turbie. C’est bien la figure du Prince Albert Ier qui est évoquée à travers Le Messager. Le Prince Savant rapporta de ses nombreuses campagnes océanographiques le fruit de ses recherches afin de les présenter dans le Musée qu’il avait créé à cet effet.

Ossip Zadkine, né en 1890 en Biélorussie, est un peintre et sculpteur français d’origine russe. Il s’installe en France à partir de 1910. Il part étudier l’anglais à Sunderland dans le nord de l’Angleterre où il s’inscrit à des cours de sculpture sur bois dans l’école d’art de la ville. Il fréquente les musées de Londres et prend des cours de sculpture classique. Il poursuit ses études aux Beaux-Arts de Paris et travaille à la Ruche. En 1911, il expose ses statues et dessins au Salon d’Automne et au Salon des Indépendants. Il fréquente l’École de Paris et rencontre Brancusi, Apollinaire, Lipchitz, Picasso, Artemoff, Bourdelle, Survage et Sonia Delaunay. Matisse visite également son atelier. La reconnaissance internationale arrive dans les années trente. La ville détruite, monument réalisé en 1953 pour la ville de Rotterdam, est décisive.
Geste novateur, il introduit l’art moderne dans l’espace public. La production artistique de Zadkine s’échelonne sur un demi-siècle, elle comprend : plus de quatre cents sculptures ; des milliers de dessins, gouaches et aquarelles ; ainsi que des gravures, des illustrations de livres et des cartons de tapisserie. Il décède à Paris en 1967. Il est reconnu comme l’un des plus grands maîtres de la sculpture du XXe siècle.

Ettore e Andromaca

La sculpture puise son origine dans l’un des tableaux métaphysiques les plus connus de l’artiste : Hector et Andromaque. Les adieux douloureux du combattant à sa bien-aimée constituent une scène où Giorgio De Chirico dépeint le mouvement si mécanique des deux personnages que ceux-ci deviennent des marionnettes. La femme, enlaçant son mari, s’abandonne au destin cruel et implacable. C’est la guerre de Troie qui détermine le sort des hommes auquel il est impossible d’échapper. Hector et Andromaque évoque la nostalgie et la tristesse mais aussi l’un des sentiments le plus nobles pour les Grecs : le courage. L’étreinte du couple devient le symbole d’un amour éternel.

Giorgio De Chirico est un peintre, sculpteur et écrivain italien, né en 1888 à Vólos en Grèce et mort en 1978 à Rome. Issu d’une famille bourgeoise cosmopolite, il quitte Athènes pour Munich en Allemagne où il effectue une véritable formation artistique avant de rejoindre Paris où il se lie avec des artistes de l’avant-garde (Guillaume Apollinaire, Pablo Picasso). Il est l’un des fondateurs du mouvement de la peinture métaphysique. La postérité de Giorgio De Chirico est immense : il exerce une influence considérable sur les peintres futuristes, les artistes dadaïstes, les artistes de la Nouvelle Objectivité, les surréalistes. En 1919, il amorce un retour au classicisme et se fixe à Rome en 1938.
Il s’intéresse à la sculpture dès 1968, transposant dans le bronze poli et doré son répertoire pictural. Giorgio De Chirico collabore en 1929 avec le directeur des Ballets Russes Serge de Diaghilev pour Le Bal – ballet écrit par Boris Kochno sur une musique de Vittorio Rieti. La chorégraphie est assurée par George Balanchine. De Chirico créera les costumes et les décors.