Cette œuvre monumentale, dédiée à S.A.R. la Princesse Caroline de Monaco pour célébrer la naissance de sa fille Charlotte Casiraghi en 1986, est acquise par le Palais princier en 1987. Elle est constituée d’un assemblage d’importants blocs taillés dans le marbre blanc, mettant en valeur les creux et les pleins. La sculpture exprime une énergie qui semble résulter d’un véritable combat avec la matière.
Né le 28 mai 1937 à Gistel (Belgique), Stefaan Depuydt est un sculpteur qui réalise des œuvres abstraites monumentales en pierre ou en bronze. Élève de l’Institut supérieur Saint-Luc à Gand de 1949 à 1956, de l’atelier de Charles Leplae, et de l’Institut supérieur des arts décoratifs de la Cambre à Bruxelles, il obtient en 1962 le Prix de Sculpture de la Flandre Occidentale – tout comme son épouse Livia Canestraro en 1966.
Buste de Charles IIINé le 8 décembre 1818, Charles III fut Prince souverain de Monaco du 20 juin 1856 jusqu’à son décès en 1889. Le Prince Charles III joue un grand rôle dans l’affirmation de la souveraineté de Monaco en nouant des relations diplomatiques et consulaires ; en dotant la Principauté d’un drapeau national, d’une décoration, l’ordre de Saint-Charles, d’un évêché autonome ; en reprenant la frappe de monnaies et en émettant le premier timbre-poste de l’histoire de la Principauté en 1885. Pendant son règne, les villes de Menton et de Roquebrune font sécession avec la Principauté de Monaco et sont rattachées à la France en 1861. L’économie monégasque s’en trouve fortement impactée.
Le Prince Charles III décide alors de donner à la Principauté une vocation touristique. Il autorise la création d’un casino à Monaco inauguré en 1865 au lieu-dit des Spélugues, une colline encore déserte. Le nouveau quartier en plein essor est rebaptisé « Monte-Carlo » en l’honneur de Charles III en 1866. Le Prince Charles III s’éteint le 10 septembre 1889 dans son château de Marchais. Meusnier réalise plusieurs bustes du Prince Charles III. Le premier est présenté à l’Exposition Universelle de Paris en 1863.
L’exemplaire sculpté en 1867 était autrefois édifié sur la Place du Palais. La statue est transférée en 1966 pour célébrer le centenaire de la naissance de Monte-Carlo.
Mathieu Roland Meusnier, dit Mathieu-Meusnier, né en 1824 à Paris, est un sculpteur et collectionneur d’art français. Il commence par suivre l’enseignement du peintre Charles Desains, avant d’être admis aux Beaux-Arts de Paris en 1841, au sein de l’atelier d’Auguste Dumont. Il expose pour la première fois au Salon de 1843, et obtient une médaille de troisième classe l’année suivante. Mathieu-Meusnier travaille pour l’Opéra de Paris et pour le Louvre. Il exécute de nombreux portraits, bustes et médaillons, ceux de Beaumarchais, Sainte Beuve et Sarah Bernhardt, notamment. Il est également l’auteur d’une statue de Napoléon Ier. Mathieu-Meusnier décède à Paris en 1896.
Marta accovacciataL’univers de Giuseppe Bergomi est traversé par d’importantes figures féminines : ses filles, sa femme, Elvira Cassa Salvi avec laquelle il réalise des autoportraits, des baigneuses. Grâce à une technique spéciale utilisant des patines colorées, Bergomi réussit à adoucir la teinte du bronze et donne ainsi naissance à des figures d’une douceur corsée.
Selon Valerio Terraroli, « la réinterprétation des corps, à travers la médiation déterminée par le modelage, représente l’une des valeurs fortes de l’univers poétique de Giuseppe Bergomi ». La sculpture représentant Marta accroupie est exposée lors de la 6e Biennale de Sculpture de Monte-Carlo en 1997 et acquise par la Principauté la même année.
Giuseppe Bergomi est né en 1953 à Brescia en Italie. Diplômé de l’Académie des Beaux-Arts de Brera, il organise une première exposition de ses peintures à Brescia. Trois ans plus tard, il se consacre à la sculpture. Dès lors, il noue des relations avec les plus importantes galeries italiennes et étrangères, ce qui permet à son travail d’être plébiscité par les critiques les plus prestigieuses. En 1992-1993, l’Académie du Château Beychevelle l’invite en résidence. Bergomi réalise au Château une grande terre cuite, représentant l’allégorie de la justice, avec laquelle il remporte le Grand Prix Château Beychevelle 1993. Trois ans plus tard, il participe à la Quadriennale de Rome et il remporte en 1997, le Premio Camera dei Deputati avec une exposition personnelle au Palazzo di vicolo Valdina à Montecitorio.
La même année, la Principauté de Monaco acquiert deux grandes sculptures exposées lors de la VIe Biennale de Sculpture de Monte-Carlo ; la seconde, intitulée Grande Nudo di adolescente, se trouve aujourd’hui à Monaco Ville.
S’inspirant de la statuaire antique, Igor Mitrojal, fait subir à ses sculptures, à ses têtes, à ses bustes, des interventions, des destructions et des craquelures qui les orientent vers un surréalisme proche de la vision métaphysique de De Chirico. Mitoraj travaille sur les effets infinis des surfaces, fait deviner la chair sous les vêtements, couvre les corps de bandes et de suaires.
Ses héros sont de jeunes guerriers, comme dans cette œuvre qui montre un buste masculin ceint de bandeaux. Cordes de guerrier ou de prisonnier, bandages de blessés ou d’un corps exhumé, l’œuvre porte en elle un voile de mystère. A l’instar de la statuaire antique façonnée par le temps, l’œuvre monumentale est faite de fragments agrandis de corps et de visages. Mais, pour l’artiste contemporain, elle représente davantage la marque d’un rêve interrompu.
Sculpteur polonais, Igor Mitoraj est né en 1944 à Oderan en Allemagne. Il étudie la peinture à l’Ecole et à l’Académie d’Art de Cracovie, où il reçoit une éducation classique. Après avoir exposé ses peintures en Pologne, il se rend à Paris pour continuer ses études à l’Ecole Nationale des Beaux-Arts. À la suite d’une visite en Afrique du Sud en 1974, il commence à sculpter et présente une exposition individuelle à la Galerie la Hune à Paris l’année suivante.
Poussé par le succès de cette exposition, il ouvre un atelier de sculpture dans la capitale parisienne où il travaille le bronze et la terre cuite. En 1976, il reçoit le Prix de la Sculpture de Montrouge (France). En 1983, il installe son atelier à Pietrasanta, près de Carrare. Le marbre blanc le rapproche des sources antiques. Il effectue régulièrement des voyages d’études en Grèce, expose ses œuvres dans des sites archéologiques comme à Agrigente en Sicile (2011). Il meurt à Paris en 2014.
Les sculptures de Francisco Almansa sont composées d‘éléments aux découpes géométriques articulées. L’artiste trouve l’inspiration pour créer cette œuvre lors de sa venue à Monaco. Projection dans l’espace ou Proyeccion 1 symbolise pour Almansa la force intérieure des pays méditerranéens qu’illustre selon lui parfaitement la Principauté de Monaco. L’œuvre monumentale « de notre temps » est réalisée entièrement en fer pour évoquer le matériau largement distribué dans notre espace contemporain.
Don de l’artiste, la sculpture posée sur un socle en marbre est inaugurée le 22 mars 1983 par le Ministre d’Etat en présence de Francisco Almansa.
Né à Alacant, Francisco Almansa étudie à l’École d’Architecture de Barcelone, puis à l’École des Beaux-Arts de San Fernando de Madrid. Dès 1980, il participe à des expositions collectives. Il participe au concours national de sculpture d’Almeria en 1980, au concours national d’arts plastiques de Madrid en 1980 et en 1981. À Paris, il expose aux Salons Grands et Jeunes d’Aujourd’hui, à la IIe Biennale Européenne de Sculpture de Normandie à Jouy-sur-Eure en 1984. Il expose régulièrement en France notamment au Centre Georges Pompidou à Paris. Les œuvres de Francisco Almansa sont très réputées en Espagne.
Almansa pratique une forme très personnelle d’abstraction géométrique. Ses pièces sont celles d’un sculpteur, en relief et ronde-bosse, créées à partir de bois et de métal, en gamme limitée de coloris, souvent monochromes. Il travaille l’acier, le bronze, la céramique, pour des sculptures destinées à des parcs de Barcelone et de Bruxelles.
Il se dégage des œuvres d’Emma de Sigaldi une harmonie de la forme qui ne se confond jamais avec un strict formalisme. Les déstructurations et les irrégularités font dialoguer l’eau et la matière. La sculpture, travaillée en fil de bronze, est posée sur un caisson d’acier lequel renferme un système d’alimentation en eau. Propulsés par les becs du caisson, quatre jets d’eau traversent le centre de la sculpture, remplissant ainsi l’espace vide par les dessins aquatiques.
Emma de Sigaldi, née Emma Lackner à Karlsruhe en Allemagne le 22 décembre 1910, est une artiste monégasque. Elle s’est d’abord consacrée à la danse dans sa ville natale, puis à Dresde chez l’illustre Mary Wigman. Nommée première danseuse à l’Opéra de Munich, elle ouvre une école de danse à Wiesbaden. Elle se forme à la sculpture au contact de maîtres du Bahaus et poursuit en autodidacte.
En 1954, elle se marie avec le Comte de Sigaldi, Capitaine des Carabiniers du Prince et s’installe à Monaco. Une première exposition personnelle lui est consacrée dès 1960. Dans son atelier, elle réalise tout d’abord des figures modelées suivant une vision expressionniste, comme Le Plongeur Olympique du Stade nautique Rainier III (1961). Mais déjà la terre cuite La Mère, modelée la même année, préfigure ce que sera sa nouvelle manière de créer. À partir des années 1970, Sigaldi réalise des sculptures en marbre aux formes naturelles dans lesquelles on ressent l’influence d’Arp et de Moore.
En 1983, une rétrospective placée sous le Haut Patronage du Prince Rainier III retrace l’évolution de vingt-cinq sculptures de l’artiste monégasque. Un grand nombre de ses œuvres sont présentes dans des collections publiques et privées à Monaco, ainsi que dans le monde entier. Emma De Sigaldi décède à Monaco le 23 octobre 2010.
Puisant dans les sources gréco-latines et chrétiennes du vieux continent, l’œuvre d’Anna Chromý est traversée par une quête des racines artistiques de l’Europe. L’exposition « Mythos revisité », présentée au Musée national archéologique d’Athènes en 2017, réinterprète les mythes de la Grèce antique, à travers la série de sculptures d’Ulysse, de Prométhée, de Sisyphe, de Gaia, d’Eurydice ou d’Europe. Ulysse est représenté à la barre à roue de son navire, dans une situation précaire, aux prises avec le destin. Il est le symbole de la condition humaine. Le marin est à la barre de la conduite de sa vie mais il doit composer avec des forces supérieures qui tantôt l’aveuglent tantôt le guident. Le périple du héros raconté dans l’Odyssée d’Homère symbolise aussi la condition de l’artiste. A travers une série d’épreuves, le voyage s’achève par un retour au port d’attache, au foyer spirituel et à la connaissance première.
Anna Chromý est née le 18 juillet 1940 à Krumau en protectorat de Bohême-Moravie. À la fin de la Seconde Guerre mondiale, la famille d’Anna Chromý quitte la Bohême pour Vienne et Salzbourg, en Autriche. Après son mariage et son installation à Paris, Anna étudie la peinture à l’École nationale supérieure des Beaux-Arts, où elle acquiert rapidement une réputation par sa vision surréaliste. Un accident survenu en 1992 l’empêchera durablement de peindre. Elle se tourne alors vers la sculpture en bronze et en marbre. Installée à Roquebrune-Cap-Martin, elle trouve l’inspiration et son matériau en Italie dans les carrières de Carrare et de Pietrasanta. Ses sculptures à grande échelle ont été installées dans un grand nombre de sites remarquables en Europe et en Chine. Bien que la majorité de ses œuvres soit figurative, les sujets évoquent la mythologie gréco-romaine, comme les fables d’Orphée et Sisyphe. Anna Chromý cite le surréalisme comme une de ses principales influences. Très attachée à la Principauté, elle s’éteint le 18 septembre 2021 à Monaco.
Maryse au miroirQui mieux que Cyril de La Patellière pourrait évoquer la genèse de son œuvre ? « En janvier 1990, un certain Monsieur S. me contacta dans sa superbe villa niçoise : « Voyez, cher ami, j’ai fait construire cette demeure pour ma femme, uniquement. Elle n’y a jamais vécu, elle est morte trop tôt. Pouvez-vous me la ressusciter par votre talent afin que son souvenir tangible demeure ? » Aussitôt dit, aussitôt fait ! La Patellière donna vie une seconde fois à cette femme grâce à ses talents de sculpteur. Puis monsieur S. dut vendre sa maison, il ne restait alors plus que le bronze. Il en fit don à la Principauté de Monaco. Voilà pourquoi, dans les jardins Saint-Martin, Maryse regarde le temps inaltérable passer dans son miroir, et ce pour les siècles et les siècles d’où la mention gravée : « De toujours à jamais ».
Cyril de La Patellière est né le 06 octobre 1950 à Saint Nazaire (Loire Atlantique). Il fait des études artistiques à Nice, puis s’oriente vers une activité de graphiste-affichiste. A partir de 1983, il se consacre à la peinture ainsi qu’à la sculpture (bronze et marbre). Il expose à Paris au Salon d’Automne et obtient le Prix de la Ville de Nice en 1986 et le Prix Paul Belmondo en 1989 décerné par l’Académie des Beaux-Arts. En sculpture, peinture, aquarelle et sanguine, son thème de prédilection est le nu féminin. Parmi ses œuvres majeures, on trouve la statue de la Sainte Patronne de Monaco, laquelle a été installée sur le parvis de l’église Sainte-Dévote et inaugurée en 1997 en présence de la Famille Princière.
OrphéeAvec le soutien d’Aristide Maillol et de Joseph Hackin, tous deux de grands amis de Pimienta, le Directeur général des Beaux-Arts, Georges Huisman, commande en 1936 à l’artiste une statue représentant Orphée. Réalisée vers 1938 en cire , l’œuvre de Pimienta représente Orphée, fils de la muse Caliope, en train de jouer de la lyre. En 1958, Pimienta fait réaliser la fonte des trois premières épreuves en bronze. En 1973, le quatrième tirage de la statue est effectuée par le fondeur Godard. Gustave Pimienta est un sculpteur français, né en 1888 à Paris et mort en 1982, à Chênehutte-Trèves-Cunault dans le Maine-et-Loire. Enfant très précoce, doté d’un réel talent de sculpteur, il concourt au Petit Palais des enfants peintres et sculpteurs où il obtient le premier prix. Il étudie à l’Académie Julian puis entre à l’École des Beaux-Arts de Paris. À 15 ans, il expose au Salon des artistes français. La presse parle de lui comme d’un enfant prodige. Il est nommé sociétaire au Salon d’automne duquel il devient membre du jury à l’âge de 17 ans. Il expose ensuite annuellement aux Salons de la Société Nationale des Beaux-Arts et au Salon d’Automne. Dans l’entre-deux-guerres, il exécute de nombreux bustes en bronze, en plâtre ou en terre cuite. Il installe son atelier dès 1939, loin du tumulte parisien, près de Saumur. Une grande sensibilité se dégage de ses sculptures, les lignes se minimalisent pour atteindre une pureté du corps et des visages. L’essentiel de son œuvre est composé de bustes, surtout des enfants, mais il s’essaie aussi à la sculpture monumentale et à l’étude du mouvement avec notamment ses œuvres Sainte Thérèse, Orphée, ou encore Prométhée. Il crée jusqu’en 1970. L’atelier du Maître, légué par la marquise de Narros, est devenu propriété de l’Institut de France en 1982 et a été mis à la disposition d’artistes. Ses œuvres sont exposées dans des musées français tels que les musées des Beaux-Arts de Bordeaux, d’Agen, de Strasbourg, mais aussi à la National Gallery de Washington et au MoMa.
L’Homme et l’EnfantL’artiste puise son inspiration dans l’art burkinabé et réalise ainsi une série de sculptures en bois et en bronze qu’il nomme « Inspirations Primitives ». Cette sculpture a été originellement réalisée en bois d’Iroko, avant d’être coulée en bronze. L’œuvre, laquelle représente un père s’amusant avec son enfant, est biographique. Elle est un hommage de l’artiste à la paternité.
Axel Cassel, de son vrai nom Axel Limmeroth, est un artiste peintre, sculpteur, graveur, illustrateur, né en 1955 à Cassel en Allemagne et mort en 2015 à Lisieux en France. Sa famille s’installe à Paris en 1972 où il commence des études de droit avant de se tourner vers l’art. Il est diplômé de l’École des Beaux-Arts de Paris en 1980. D’abord graveur puis sculpteur sur bois, il s’inspire de ses nombreux voyages en Afrique, en Asie et en Océanie. Durant ces « traversées », il cherche le contact avec des sculpteurs, réputés ou modestes, curieux de leurs idées et leurs pratiques.
Installé en Normandie avec son épouse Malgorzata Paszko artiste peintre d’origine polonaise, il est un observateur passionné de la nature. Il réalise ses œuvres en regardant le mouvement de l’eau, le craquèlement de la terre, les feuilles sur une branche, les volutes et fumées. Il créé des suites de sculptures mêlant formes végétales et humaines. Il travaille le bois, le bronze, le plâtre, la terre cuite.
Fasciné par les arts premiers dont il était un collectionneur averti, il admire aussi le travail des sculpteurs Constantin Brancusi, Jean Arp et Henry Moore. Ses silhouettes humaines évoquent l’œuvre d’Alberto Giacometti. Axel Cassel a fait une soixantaine d’expositions personnelles en France et à l’étranger. Il est lauréat du Prix du Conseil National dans le cadre du Prix International d’Art contemporain de Monte-Carlo en 1999.