Chemin des Sculptures
Flamme

Au début des années soixante-dix, dans le cadre des grands travaux entrepris par la Principauté, le carrefour Saint-Roman est aménagé. Divers projets sont présentés et tous comportent une œuvre d’art symbolisant l’entrée par l’est de la Principauté. La flamme allégorique à cinq branches conçues par le décorateur Jacques Genin est choisie avec l’agrément du Prince Rainier III. Disposées en cercle, les cinq flammes englobent les deux losanges entrelacés, rappelant les écussons monégasques. Réalisée en acier corten, auto-patinable, l’œuvre se protège elle-même des intempéries.
À l’occasion de l’Exposition Universelle en 2022 à Dubaï, l’architecte Fred Genin, fils de Jacques Genin, réalise des petits exemplaires de la Flamme pour le Pavillon de Monaco.

Jacques Genin, né en 1929, est un décorateur de nationalité monégasque. Il fait ses études à l’Ecole des Arts Décoratifs de Nice et sort classé parmi les meilleurs élèves de la promotion de 1949. Il débute sa carrière comme charpentier menuisier ; il ouvre son premier atelier de décoration d’intérieur et deux magasins de meubles et de design à Monaco. Son travail de décorateur est très prisé par la Princesse Grace. Enthousiaste à propos de toutes les formes d’esthétique, il a été le président du jury de la Fête Internationale des Feux d’Artifice. Installé au « Palais Héraclès » sur le Boulevard Albert Ier dès le début des années soixante, il organise des expositions dans la galerie « Jacques Genin » jusqu’à la fin des années soixante-dix. Passionné de théâtre, il signe des décors pour le Théâtre aux Étoiles de Monte-Carlo, pour le Hall du Centenaire, pour le Stade Louis II, pour des opérettes et diverses représentations théâtrales. Il décore le Musée Napoléonien du Palais Princier et l’Office du Tourisme de Monaco. Président de l’Union des Commerçants de Monaco (1966-1976), il s’éteint à l’âge de 48 ans.

Paper Plane

De par sa formation d’architecte et de sculpteur, l’artiste turc Mehmet Ali Uysal invite le spectateur à repenser l’espace environnant. Par des œuvres imposantes et des figures très reconnaissables, il détourne le réel. La série de sculptures d’avions ou de bateaux en papier révèle certes un art du pliage en métal ; elle appelle surtout par la simplicité des formes et la monumentalité des œuvres à se représenter davantage les trois dimensions spatiales. Le Paper Plane est l‘un des origamis les plus populaires et les plus simples. Installé dans l’espace urbain, il interpelle le spectateur et devient conceptuel. Et c’est le message universel qu’entend délivrer le plasticien turc.

Mehmet Ali Uysal est né à Mersin en Turquie en 1976. Architecte de formation, il se forme à la sculpture à l’École des Beaux-Arts d’Ankara et obtient un PhD en 2009. En 2008 il suit une année de cours à l’École Nationale Supérieure d’Art de Bourges. Il vit et travaille entre Paris et Ankara. Il connait le succès avec ses installations insolites de pinces à linge géantes pinçant le sol. Son geste artistique le rapproche du Land art. Il organise des expositions personnelles et collectives, en Turquie, en France, en Allemagne, en Belgique et à Dubaï. Il est un artiste engagé pour la lutte contre le réchauffement climatique. Ses expositions actuelles expriment son souci de la préservation de l’environnement. Mehmet Ali Uysal est aujourd’hui considéré comme l’une des figures majeures de l’art contemporain turc.

Vierge de la Miséricorde

En 1903, suite à la guérison miraculeuse de son épouse Lorenzina, Ernesto Sprega – membre de la Confrérie de la Miséricorde – décide de réaliser une œuvre pour témoigner de sa reconnaissance envers la Vierge Marie. Lorenzina s’éteint en 1906, mais Sprega poursuit son projet et lorsque la dernière cuisson du tableau en céramique fut terminée en 1908, ce dernier déclare à son sujet que « tous les émaux s’accordaient parfaitement ». Sprega reçoit l’autorisation du Prince Albert Ier de pouvoir installer son tableau. En 1909, la céramique peinte est placée sur la façade de la chapelle. Elle est bénie par l’Évêque de Monaco en 1910.
« A ce moment-là, je remerciai la très Sainte Vierge de m’avoir permis d’affronter toutes les difficultés que j’avais rencontrées en effectuant ce travail important et d’atteindre le but que je m’étais fixé, de lui rendre gloire publiquement pour les grâces que j’avais reçues ». Ernesto Sprega s’éteint l’année suivante.

Ernesto Sprega est né à Rome en 1829. Lors de l’épidémie de choléra qui frappe Rome en 1837, le jeune Sprega loue un culte particulier à la Sainte Vierge. Son père ébéniste le place comme apprenti chez un menuisier-ébéniste romain. Il intègre l’Académie de San Luca en 1844 et se forme au dessin. Il s’initie à la céramique et travaille sous la direction d’Alessandro Mantovani, restaurateur des Loges vaticanes. Il se rend à Sienne et se forme à la peinture sur céramique. En 1877, il se voit proposer la direction de la Poterie de Monaco créée par Marie Blanc jusqu’à sa fermeture en 1884. Il effectue des travaux de restauration au Palais princier dans les années 1880. Il travaille à Nice chez Fassi, peintre sur verre, lorsqu’il entreprend son grand œuvre de la Chapelle de la Miséricorde. Il meurt en 1911.

Sainte Dévote

Sainte Dévote est la patronne de la Principauté et de la Famille Souveraine ; elle est fêtée solennellement le 27 janvier. Dévote, jeune fille chrétienne, fut martyrisée sous le règne de l’empereur Dioclétien en 304, par le consul Barbarus qui gouvernait alors la Corse. Son corps placé sur une barque sera guidé par une colombe qui viendra, poussée par la tempête, s’échouer sur la plage du vallon des Gaumates, au fond du port de Monaco. Son corps fut enseveli dans la petite chapelle qui bordait le torrent. On dit que les moines installés dans ce lieu, faute de connaître le nom de cette jeune martyrisée l’appelèrent Dei Vota.
La légende rapporte qu’en raison des nombreux miracles attribués à la Sainte, les reliques précieuses furent volées par des marins qui pensaient s’enfuir à la voile. Mais un vent contraire se leva et les empêcha de sortir du port. Les Monégasques voyant cela, capturèrent les marins et récupérèrent les reliques. Depuis, cette Sainte est vénérée à Monaco et son nom est invoqué dans les prières pour demander sa protection ou sa bénédiction.

Le Musée du Vieux Monaco est inauguré le 18 novembre 1974 par le Prince Rainier III et la Princesse Grace. Le musée est également le siège du Comité National des Traditions Monégasques fondé en 1924. Les missions du Comité sont le maintien des traditions civiles et religieuses ; la conservation et la promotion de la langue monégasque ; la recherche et la conservation des œuvres, documents et objets appartenant au patrimoine historique et culturel ; la préservation des sites et monuments ; l’observation des principes coutumiers d’entraide, d’union, d’hospitalité et d’honneur. En 1989, l’artiste Maulet réalise la céramique Santa Devota rappelant l’attachement des monégasques à la Sainte Patronne de la Principauté de Monaco.

La danse des étoiles

Cette œuvre monumentale représente une ballerine gracieuse qui exécute un pas de danse sur un globe terrestre bleu serti d’étoiles dorées. Sa chevelure et sa tunique sont également rehaussées à la feuille d’or. Cette sculpture dénote des peintures figuratives ou des sculptures monochromes de l’artiste qui aime représenter des figures féminines plutôt voluptueuses comme son homologue latino-américain Fernando Botero.
Elle a été offerte au Prince Rainier III par le Club Allemand International de Monaco à l’occasion des trente ans d’existence de l’association créé à l’initiative de l’Hôtelier Karl Vanis. Témoignage de la concorde entre les pays européens, l’œuvre invite à méditer sur le rôle des arts dans le dialogue entre les cultures.

Christian Peschke est un peintre et sculpteur allemand, né en 1946 à Säckingen. Il étudie à l’Académie des Beaux-Arts de Stuttgart et voyage en Europe. Il travaille essentiellement en Allemagne et en Italie. Ami de Salvador Dali, d’Arno Breker et d’Ernst Fuchs, il réalise des tableaux colorés et des sculptures monumentales représentant des femmes plantureuses pleines de vitalité, qui expriment la joie de vivre et la sensualité.
En 1996, une grande exposition lui est consacrée à Monte-Carlo sous l’impulsion de Christine Esswein présidente du Club Allemand International de Monaco. En 2015, La Maison Peschke est inaugurée à Flintsbach en Allemagne, atelier de l’artiste et lieu d’exposition consacré à l’architecture et à la création artistique. Christian Peschke décède en 2017.

Le Prince Rainier III

La sculpture représentant le portrait du Prince Rainier III est inaugurée en janvier 2006 à l’occasion du 30e Festival International du Cirque de Monte-Carlo en présence de la Famille Princière. Marin associe innovation technologique et tradition. L’image originale est une photographie du Prince Rainier III qui devient un dessin avec des lignes, des points, des déformations chromatiques. Les œuvres sont ensuite retravaillées au pinceau et à la bombe pour créer cet effet d’optique. L’artiste travaille l’acrylique sur toile ou utilise un procédé numérique sur plexiglas, bois, aluminium ou bronze pour les sculptures.
Très attaché à la Principauté, Marcos Martin soutient la Fondation Prince Albert II de Monaco et participe à de nombreuses œuvres caritatives. Il réalise régulièrement des portraits de la Princesse Grace.

Marcos Marin est un artiste brésilien né en 1967. Très jeune, il démarre une carrière de pianiste virtuose et part étudier la musique à Paris où il s’installe en 1990. Il se tourne vers la peinture et rencontre Vasarely. À Montmartre, il devient assistant dans un atelier de reprographie où il apprend la technique de la sérigraphie. Il s’inscrit dans le mouvement Op’Art. Il se spécialise dans les portraits optiques de célébrités, d’hommes politiques ou de grandes figures de la peinture classique comme Mona Lisa, Marylin Monroe, Salvador Dali, Brigitte Bardot, Andy Warhol, Pablo Picasso, Barack Obama… Ses sculptures sont un développement direct de ses peintures auxquelles il ajoute de la dimension et de l’interaction.
Ses œuvres monumentales ornent désormais de nombreux espaces publics sur la Côte d’Azur et dans le monde entier. Son mélange d’art figuratif et d’art abstrait fait de ses œuvres de réels témoignages intemporels. Il a reçu de nombreux prix et sa renommée est internationale. Il vit actuellement à Monaco.

Fontaine de Saint Nicolas

L’église paroissiale Saint-Nicolas est édifiée sur le Rocher dès le XIIIe siècle. En 1500, le grand retable représentant le saint dédicataire, peint par Louis Brea, est installé dans l’abside. L’édifice religieux est détruit en 1874 pour laisser place à la Cathédrale de Monaco. Pour perpétuer le souvenir du culte dédié à Saint Nicolas sur le Rocher, le Comité des traditions monégasques décide d’ériger un monument pour son Saint patron.
La fontaine, surmontée de la statue sculptée par Bassignani, est inaugurée le 6 décembre 1930 en présence du Ministre d’État et du Maire de Monaco. Après la messe au sein de la Cathédrale, une procession se rend sur la place Saint Nicolas où Monseigneur Clément, évêque de Monaco, bénit la statue. L’artiste représente l’évêque de Myre coiffé d’une mitre et tenant sa crosse épiscopale, ainsi que trois enfants assis dans une cuve. L’œuvre rappelle que Saint Nicolas est le protecteur des enfants.

Umberto Bassignani est né le 29 août 1878 à Fivizzano en Toscane. Son père, décorateur, l’initie aux techniques artistiques. Il étudie la sculpture à Gênes et devient l’élève du célèbre Leonardo Bistolfi. Pour toucher une clientèle plus vaste, il s’installe à Monaco et ouvre, le 8 mai 1907, un atelier au 13 boulevard Charles III. Il réalise des dizaines de monuments funéraires, toujours visibles au Cimetière de Monaco, dont un haut-relief primé d’une médaille d’or à l’Exposition de Turin en 1909. Les œuvres de Bassignani sont très recherchées. Les commandes proviennent de Nice, Peille, Aurillac, Paris, Genève ou Rostov-sur-le-Don. Il réalise le Monument aux Morts de Vazzola en Vénétie et celui de Fivizzano sa ville natale. Il quitte son atelier monégasque en 1939 et rentre en Italie, à Lerici, où il décède, le 21 janvier 1944, peu avant que la guerre ne s’achève.

Buste de Louis Aureglia

Louis Aureglia (Monaco, 14 mai 1892 – 08 décembre 1965) était un homme politique, juriste et avocat. Il fut élu Maire de Monaco de 1933 à 1944 et, à plusieurs reprises, Président du Conseil National et Membre du Conseil de la Couronne. Spécialiste en Droit Constitutionnel il publia de nombreux ouvrages et fut reconnu par ses compatriotes comme un homme de dialogue et de grande valeur. Le buste de Louis Aureglia a été inauguré le 19 juin 1970 près de l’ancien Conseil National, rue Colonel Bellando de Castro. Lors du transfert du Conseil National dans ses nouveaux locaux en 2012, le buste a été installé à son emplacement actuel.

Issu d’une famille italienne, Paul Belmondo est né en 1898 à Alger. Passionné de dessin, il commence à sculpter en 1911, avant de suivre des études d’architecture à l’École des Beaux-Arts d’Alger. Il poursuit ses études à l’École des Beaux-Arts de Paris où il suit notamment les cours de Jean Boucher. Il obtient le prix Blumenthal en 1926, le grand prix artistique de la Ville d’Alger en 1932 puis le grand prix de la Ville de Paris en 1936. Sa rencontre avec Charles Despiau est décisive. Le retour au classicisme guidera son œuvre. Il est nommé professeur de dessin à l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris en 1956. Membre de l’Institut de France, il est élu à l’Académie des Beaux-Arts en 1960.
Paul Belmondo est venu régulièrement en Principauté, notamment en tant que membre du Jury du Grand Prix International d’Art Contemporain de Monte-Carlo en 1978 et en 1979. Il décède à Paris en 1982.

La dormiente

Arturo Martini puise son inspiration dans l’art antique et la mythologie. La Dormeuse représente une jeune femme allongée sur le ventre, la tête posée sur ses deux bras repliés. Dans les années trente, l’artiste entreprend des œuvres de grande dimension. La Dormeuse , réalisée en 1931, s’inscrit dans la suite de figures féminines allongées, commencée avec La Pisane en 1928 et poursuivie avec Femme au Soleil en 1930 et Femme sur sable en 1944. La sculpture en bronze est l’un des six exemplaires coulés à la fonderie Tesconi de Pietrasanta en Toscane en 1989.

Arturo Martini est un sculpteur, céramiste et graveur italien, né en 1889 à Trévise. Etudiant à l’Académie des Beaux-Arts de Venise, il travaille le bois, la terre cuite, la pierre, le bronze et s’inspire de l’art antique. Durant l’entre-deux-guerres, son style évolue. Il présente des œuvres monumentales dans des expositions internationales importantes à Milan, Rome ou à Venise. Il devient le sculpteur officiel du régime italien et ses nombreuses œuvres ornent des palais de justice, des églises et des universités comme le grand bronze Minerve installé à l’Université de Rome La Sapienza. Arturo Martini consacre les dernières années de sa vie à la peinture. Il est considéré comme l’un des plus grands sculpteurs italiens de l’entre-deux-guerres. Il décède en 1947 à Milan.

F1 McLAREN

Le modèle représenté est une « McLaren MP4-13 » victorieuse au 56e Grand Prix de Monaco. La saison 1998 fut une année faste pour l’écurie McLaren avec les pilotes Mika Häkkinen et David Coulthard. C’est le grand retour de l’écurie désormais associée à Mercedes-Benz. Un début de saison sur les chapeaux de roues avec cinq victoires au cours des six premières courses jusqu’au titre constructeur et au sacre de Mika Hakkinen. La sculpture F1 McLaren a été inaugurée lors de la soirée de clôture du Grand Prix de Monaco en 2000, en présence du Prince Rainier III, de la famille princière, des pilotes et de l’artiste.

Christian Maas est un sculpteur-fondeur français né en 1951 à Saint Etienne. Après des études de langues et d’Histoire de l’art, il voyage dans le monde entier, avant de se consacrer exclusivement à la sculpture et de s’initier à la manipulation du bronze dans diverses fonderies en 1988. Il pratique la technique de la fonte à la cire perdue et exécute ses patines lui-même. Trois à cinq mois sont nécessaires pour la réalisation d’une sculpture, ce temps relativement long est dû à sa technique de travail et à sa volonté de créer des œuvres aussi réalistes que possibles. Christian Maas se consacre plus récemment à des œuvres en aluminium. Ses inspirations sont mythologiques (série des Bacchus), animalières (Le Grand Etalon, Le Taureau de Combat) ainsi que des thèmes modernes hyperréalistes représentant grandeur nature des personnalités et célébrités internationales (Jacques Chirac, la famille princière de Monaco, David Bowie).
Artiste engagé, il aime mettre ses œuvres au service de causes sociales et environnementales. Son exposition «Toreshima », présentée en 2002 au Musée océanographique de Monaco, est consacrée aux oiseaux et animaux victimes de catastrophes pétrolières.