Cette sculpture a été tirée à 8 exemplaires par le fondeur Romain Barelier dans la région parisienne. Elle reprend deux éléments récurrents de l’œuvre de Folon : l’oiseau, symbole de la liberté et l’homme qui représente chacun d’entre nous qui rêvons, espérons, tandis que notre esprit s’échappe et invente une autre vie. L’œuvre fut exposée Place du Casino lors de la Ve Biennale de sculpture de Monte-Carlo en 1995, puis fut acquise par l’État.
Jean-Michel Folon, né à Bruxelles en 1934, est un aquarelliste, peintre, graveur et sculpteur belge. Après de courtes études artistiques à Bruxelles, il s’installe dans la région parisienne dès 1955 et se consacre au dessin sans grand succès en France. De grands magazines américains, dont le New Yorker puis le Times acceptent de publier ses dessins oniriques et il s’installe aux États-Unis en 1960. De retour en France dans les années soixante-dix, il devient tour à tour illustrateur, comédien et créateur de génériques animés pour la télévision notamment le célèbre intermède pour Antenne 2.
Installé à Monaco dès 1983, il se lance dans la sculpture. Il travaille d’abord le bois, puis le bronze et fond sa première sculpture Personne en 1992. Il crée jusqu’en 2005 dans son atelier situé au 8 quai Antoine Ier ouvert sur le Port-Hercule et joue un rôle très important dans l’essor de la vie artistique de Monaco tout en continuant à exposer dans les plus grands musées du monde. Il est nommé membre du jury artistique du Prix International d’Art Contemporain de la Fondation Prince Pierre de Monaco, présidée par S.A.R. la Princesse Caroline de Hanovre. Il est à l’initiative de la création des ateliers d’artistes sur le quai Antoine Ier qui sont inaugurés en 1996, accueillant des artistes de renommée internationale ayant des liens étroits avec la Principauté, notamment Valerio Adami, Armand, Fernando Botero, Louis Cane ou Sacha Sosno.
Il participe aux IVe et Ve Biennales de sculptures de Monte-Carlo. Plusieurs de ses œuvres ornent des bâtiments publics monégasques : La Métamorphose, une tapisserie de 73 m2 exposée dans le troparium de l’Auditorium Rainier III (commande de l’Etat en 1989) ; les vitraux du Monte-Carlo Bay ; les mosaïques de la Chapelle des Carmes. Il crée un ensemble de douze sculptures en bronze intitulé « L’Allée des Pensées », offert en don le 17 mai 2006 par S.A.S. le Prince Albert II au Conseil de l’Europe. Les plus grands musées du monde lui consacrent des expositions personnelles, notamment le Metropolitan Museum of New York en 1990, et la ville de Florence en 2005 avec une exposition anthologique au Palazzo Vecchio.
Le prince Rainier III l’élève au grade de Commandeur dans l’ordre du Mérite Culturel en 1989 et à celui de Commandeur de l’Ordre de Saint- Charles en 2002. Il décède à Monaco en 2005.
Cette sculpture représente un jeune homme d’origine afro-américaine assis sur un banc public. Segal illustre par la posture décontractée de ce jeune homme le rare moment de repos auquel ont droit les travailleurs américains de classe moyenne. Les personnages, de taille réelle, donnent l’impression de momies emprisonnées pour l’éternité. Il s’agit toujours des représentations mélancoliques de personnes murées dans leur solitude.
Segal aime intégrer dans ses sculptures des objets réels tels que le banc de Man on the bench. Cette insertion d’objets que l’homme a lui-même créés illustre son enfermement dans la structure de sa culture. Il existe une autre version de cette sculpture en bronze blanchi exposé dans le jardin du campus de l’Illinois Institute of Technology de Chicago datant de 1986.
George Segal est un artiste américain, né en 1924 à New York et mort en 2000 dans le New-Jersey. D’abord peintre, puis sculpteur (à partir de 1960), il est associé au mouvement artistique du Pop Art new-yorkais. Fils de migrants juifs d’origine polonaise, il fait des études d’architecture et de design avant d’être diplômé à l’université de New York où il obtient un poste d’enseignant au département Art Éducation en 1949. Il intègre le collectif d’artistes de la galerie Hansa de New York où il rencontre Allan Kaprow considéré comme l’un des pères du « Happening ». Dans les années 60, avec des bandages médicaux de la marque Johnson & Johnson, il créé des moulages de plâtre blanc à partir du corps de ces modèles (« Life casting ») et les utilise, une fois terminés, comme des œuvres d’art. Il se prend pour modèle pour Man at the table en 1961, sa première sculpture. Ces figures sont alors associées à des objets souvent issus du paysage urbain. Nombreuses de ses œuvres restent blanchies à la chaux, certaines sont teintées dans des couleurs vives et d’autres servent de moulage pour des sculptures en bronze.
Ses œuvres sont réparties dans les collections de nombreux musées internationaux dont le Metropolitan Museum of Art ou le Guggenheim Museum de NYC .Il est exposé en Principauté à l’occasion des IIIe et IVe Biennales de sculpture de Monte-Carlo, ainsi qu’au 1er Festival International de Sculpture de Monte-Carlo en l’an 2000.
Le Plongeur immortalise l’instant précis où le baigneur s’apprête à faire le saut de l’ange. Suspendue sur la pointe des pieds, cette statue placée en hauteur incarne l’équilibre parfait entre tension et légèreté. Aussi les bras en croix du baigneur peuvent évoquer la posture du crucifié. Œuvre majeure d’Emma de Sigaldi, la statue est créée en 1961 en Italie dans l’entrepôt d’un céramiste de Camporosso. Le moule est envoyé à la Fonderia artistica Battaglia à Milan et le bronze transporté jusqu’à son emplacement actuel. Il ne fut pas facile d’installer ce monument du fait de la répartition de son poids. Le plongeur se trouve en effet en déséquilibre sur la pointe des pieds et toute l’astuce de sa conception réside dans l’adjonction à l’intérieur de la statue d’un axe d’acier qui se fixe dans le socle. L’œuvre est installée face au Stade Nautique Rainier III inauguré le 19 août 1961 par le Prince Rainier III et la Princesse Grace. Emma de Sigaldi, née Emma Lackner à Karlsruhe en Allemagne le 22 décembre 1910, est une artiste monégasque. Elle s’est d’abord consacrée à la danse dans sa ville natale, puis à Dresde chez l’illustre Mary Wigman. Nommée première danseuse à l’Opéra de Munich, elle ouvre une école de danse à Wiesbaden. Elle se forme à la sculpture au contact de maîtres du Bauhaus et poursuit en autodidacte. En 1954, elle se marie avec le Comte de Sigaldi, Capitaine des Carabiniers du Prince et s’installe à Monaco. Une première exposition personnelle lui est consacrée dès 1960. Dans son atelier, elle réalise tout d’abord des figures modelées suivant une vision expressionniste, comme Le Plongeur Olympique du Stade nautique Rainier III (1961). Mais déjà la terre cuite La Mère, modelée la même année, préfigure ce que sera sa nouvelle manière de créer. À partir des années 1970, Sigaldi réalise des sculptures en marbre aux formes naturelles dans lesquelles on ressent l’influence d’Arp et de Moore. En 1983, une rétrospective placée sous le Haut Patronage du Prince Rainier III retrace l’évolution de vingt-cinq sculptures de l’artiste monégasque. Un grand nombre de ses œuvres sont présentes dans des collections publiques et privées à Monaco, ainsi que dans le monde entier. Emma De Sigaldi décède à Monaco le 23 octobre 2010.
BlpDès ses débuts de créateur, Richard Artschwager affirme vouloir produire des « œuvres inutiles » qui provoqueraient une rencontre visuelle et physique dans un temps réel et un espace commun. Il réalisé pendant soixante ans des peintures, des sculptures et des dessins qui subvertissent notre perception de la vie quotidienne et des objets usuels en rendant insolite ce que l’on croyait familier.
En 1967-1968, l’artiste commence une série d’œuvres qui a fait sa notoriété́ : les « blps » (prononcer blip), des formes oblongues souvent noires, disséminées sur les murs des musées et des galeries ainsi que dans l’espace public. Faisant suite aux recherches de l’artiste sur la ponctuation, les « blps » sont des points ayant subi « un allongement accidentel ou intentionnel ». Signe noir qui ne ponctue semble-t-il aucune phrase, le « blp » enrichit ses découvertes de la potentialité́ artistique de nouveaux matériaux industriels comme le Formica et le Celotex.
L’artiste crée des espaces de respiration, des non-lieux qu’il place dans le quotidien, invitant le spectateur à penser l’espace comme un ensemble sémantique à lire en suivant un parcours physique ou mental. Avec ses « blps », Richard Artschwager participe aux expositions majeures des années 1960-1970 parmi lesquelles « Live in Your Head : When Attitudes Become Form », conçue par Harald Szeeman en 1969. Il y présente quarante « blps » dans et en dehors de la Kunsthalle de Berne.
Peintre et sculpteur américain, Richard Artschwager est né le 26 décembre 1923 à Washington, D.C. Étudiant à l’université Cornell, il est encadré par le pionnier de l’abstraction Amédée Ozenfant. Blessé pendant la Seconde Guerre mondiale, il peint d’abord des tableaux abstraits faisant référence à son éducation au Nouveau-Mexique et rencontre le succès avec ses sculptures minimales. Il est associé à différents moments de sa carrière : au Pop Art, à l’Optique, au Minimalisme et à l’Art conceptuel.
Artschwager a librement traversé les classifications pour créer son mélange unique d’œuvres humoristiques et inventives. « La sculpture est pour le toucher, la peinture est pour l’œil. Je voulais faire une sculpture pour l’œil et une peinture pour le toucher », a-t-il déclaré à propos de sa pratique. L’œuvre d’Artschwager a fait l’objet de nombreuses expositions importantes, notamment au Whitney Museum of American Art de New York et au Centre Pompidou de Paris. L’artiste est décédé le 9 février 2013 à Albany, NY, à l’âge de 89 ans.
Denis Morog est incontestablement le spécialiste de la sculpture sur béton, dont il s’évertua à en faire un matériau précieux. De son premier métier de graveur, il conserve la culture et un mode de penser « en creux » et inversé. Tout au long de sa carrière, il est sollicité pour ses panneaux et sculptures en béton par des architectes célèbres comme Jacques Perrin-Fayolle (pour le campus de La Doua et la bibliothèque de la Part-Dieu), Maurice Novarina (pour le Centre culturel de Bonlieu et le Palais de Justice à Annecy) ou Roger-Martin Barade (pour l’Hôtel de région de Bourgogne).
L’artiste a laissé son empreinte en Principauté, notamment sur la façade de l’école des Révoires. Une empreinte durable puisque les enfants des écoles participent à des ateliers qui s’inspirent de sa technique de bas-relief en béton matricé.
Morog, dit aussi Denis Morog, pseudonyme de Jean-Paul Delhumeau, est un sculpteur, graveur et peintre français né à Neuilly-sur-Seine le 3 décembre 1922. Formé à l’École des Beaux-Arts de Paris, il s’intéresse à la recherche matérielle et sensorielle sur la texture et aux éléments architecturaux soumis à la fois au climat dans leur fabrication et aux lumières naturelles changeantes dans leur perception visuelle. Il donne ses lettres de noblesse à la « gravure monumentale » projetée à l’échelle architecturale et urbaine.
Inventeur d’une technique originale issue de son métier de graveur, il fabrique lui-même ses moules en polystyrènes et autres supports de synthèses pour la création de chaque forme. Travailleur solitaire, ce designer urbain a l’imaginaire d’un artiste. Seul dans son atelier, il dessine, imagine et teste le vieillissement de ses maquettes. Plus tard, elles seront adaptées sur les chantiers par les entrepreneurs et les ingénieurs. Il s’éteint à Auxerre le 1ᵉʳ septembre 2003.
Cette sculpture monumentale représente une main fragmentée et reconstituée avec toutes ses imperfections : ce que l’artiste nomme une « divition ». Les coupures, les incisions et les fissures évoquent les traces de l’altération du temps. L’œuvre moderne nous apparaît tel un vestige archéologique ayant traversé les siècles et révèle une fragilité de la matière.
Entre force et fragilité, cette œuvre symbolique fait réfléchir à l’avenir de l’Homme et celui de la planète qui tient en équilibre sur l’index de cette main humaine. On pourrait interpréter l’œuvre comme un message indiquant que l’Homme a l’avenir de la planète entre ses mains.
L’artiste a réalisé cette œuvre dans la Fonderie artistique Versiliese à Pietrasanta en Toscane et l’a offerte à la Fondation Prince Albert II pour une vente caritative à l’occasion du premier Monte-Carlo Gala for the Global Ocean en 2017. Cette pièce unique a été acquise par Johann Young et prêtée à la Fondation Prince Albert II en vue d’être exposée.
Bernard Bezzina est un artiste plasticien, peintre et sculpteur français, né en 1956. Ses recherches sur la matière l’on conduit à déconstruire, fragmenter, faire voler en éclat la structure pour ensuite procéder à une « ré-union » fondamentale, une « divition ». De la « division » à « l’amplification », son geste artistique donne au fragment choisi une puissance d’un nouvel ordre, qui devient une entité indépendante. Dans sa recherche perpétuelle des possibilités et des effets de la matière, il travaille, le bronze, le bois, l’acier, le marbre, le papier. Ses œuvres monumentales représentent des mains, poings, pieds, épaules, sortes de vestiges antiques ensevelis et abîmés par le temps. Il expose en Italie, en France, aux États-Unis et en Belgique. Il vit actuellement entre Toulon dans le Var et Pietrasanta en Toscane.
Garden ButterflyInfluencé par le Pop art, Romero Britto est devenu maître dans l’art de créer les objets en série. Afin de toucher le plus grand nombre, les sujets traités sont des symboles populaires. La série des « Garden Butterfly » se décline à Monaco, à Singapour, à Prague, à Miami et à Hollywood en Floride. Le papillon, symbole d’espoir et de légèreté d’esprit traduit l’optimisme de l’artiste. De même, les couleurs vives et sans nuance invitent à développer des énergies positives. Britto s’inspire de la culture brésilienne et du chromatisme vif du carnaval. Toute œuvre doit être porteuse d’espoir, dit-il.
S’il oscille entre la peinture tournée vers l’intimité et la sculpture ouverte vers l’espace public, l’artiste travaille tous les supports et techniques. Britto est un familier de la Principauté ; il peint de ses couleurs vives les portraits de LL.AA.SS. le Prince Albert II et la Princesse Charlène en 2013 et expose cinq de ses œuvres au Yacht Club de Monaco en 2019. Cette sculpture monumentale installée près du nouveau quartier Mareterra se compose de trois colonnes en bronze de 10, 12 et 15 mètres de hauteur. Bernard Bezzina décline sa thématique de prédilection : la force et la fragilité. Les trois pics dressés ne forment qu’un et exalte la puissance. Toutefois, tels des bois calcinés, les trois éléments ne sont pas dépourvus d’aspérités et rappellent la série des « Bois déchirés » chère à l’artiste. Placée face à la mer Méditerranée, ces sculptures monumentales conjuguent les éléments cosmiques : l’eau, la terre et l’air.
Né en 1963 à Recife, Romero Britto est un sculpteur et peintre brésilien. Autodidacte, il s’inspire des street artists, avant de se familiariser avec les œuvres des grands maîtres, tels Matisse et Picasso lors de ses séjours en Europe au début des années quatre-vingt. L’influence du Pop art est notable, il développe toutefois son propre style reconnaissable et reconnu du grand public. Il met alors son talent et sa esprit positif au service de campagnes publicitaires. De grandes marques internationales font appel à lui telles que Disney, Bentley, Coca-Cola, Evian, Hublot, Mattel, Audi. Il contribue à égayer de ses couleurs vives les grands événements internationaux, sportifs ou musicaux (le Super Bowl, les Grammy’s, la Coupe de Monde de football, les Jeux Olympiques, le Festival de Montreux). Cela n’empêche pas Britto d’exposer toujours dans les rues de Miami où il réside et a installé son atelier d’artiste.
Créé en 1968, ce décor architectural, initialement composé de vingt-neuf panneaux décoratifs, est le fruit d’une commande de l’État monégasque à Roger Capron pour orner les façades des locaux situés sous la promenade du Larvotto.
Réalisés en terre cuite émaillée, les carreaux sont issus d’un nouveau procédé mis au point par Roger Capron et Jean Derval, appelé « WM ». Ce procédé industriel permettait de fabriquer des briques de terre crue présentant une alternance de reliefs saillants et creux, en dents de scie, dont le profil évoque les lettres WM. Les briques de pâte crue étaient ensuite travaillées à l’aide de mirettes, pour créer des motifs en relief, avant d’être cuites puis émaillées. Si Roger Capron a ensuite utilisé du grès pour la majorité des décors en brique WM, les panneaux du Larvotto, parmi les plus anciens, sont en faïence.
Le thème marin, défini à la commande de l’œuvre, a été décliné par l’artiste en autant de visions stylisées des fonds méditerranéens où poissons, algues et crustacés sont formés de reliefs variés et de dégradés irisés de rose et blanc.
Dans le cadre des travaux de restructuration de la plage du Larvotto, initiés en septembre 2019, l’équipe du Nouveau Musée National de Monaco s’est vu confier la protection et la valorisation de cette œuvre majeure. Sur les vingt-neuf panneaux originellement exposés au Larvotto, douze étaient encore conservés sur site, tandis que deux panneaux avaient été préalablement déposés et réimplantés sur la façade de la gare maritime de la nouvelle digue.
À l’issue d’un vaste chantier de conservation-restauration, douze panneaux du décor pour la plage du Larvotto intégreront la Galerie des Salines, inaugurée en mai 2024.
Roger Capron (né à Vincennes en 1922, mort à Cannes en 2006) est un artiste français qui a largement contribué au renouveau de la céramique dans les années 1950 et 1960. Formé à l’École des arts appliqués de Paris avec Robert Picault et Jean Derval, ils fondent ensemble l’atelier Callis à Vallauris en 1946. En 1952, alors que le trio s’est séparé, Roger Capron ouvre une petite usine de céramique à Vallauris où il commence à développer une production en série, fusionnant une démarche artistique et des procédés industriels. Son travail évolue à partir des années 1960 vers des pièces de mobilier et un style moderniste. Les commandes de céramique architecturale se multiplient également, dont la gare maritime de Cannes ou le décor du Byblos à Saint-Tropez. Roger Capron a remporté de nombreux Prix, dont la médaille d’or à la Triennale de Milan en 1954. Plusieurs expositions personnelles lui ont été consacrées, parmi lesquelles une grande rétrospective en 2003 au Musée National de la Céramique à Sèvres.
Buste du Prince Honoré IIFils d’Hercule Ier, Honoré II (1597-1662) devient Seigneur de Monaco en 1604, à l’âge de six ans ; la régence étant assurée par son oncle maternel. En 1612, il prend le titre de Prince de Monaco, le premier de la dynastie des Grimaldi. En 1641, le Prince voulant rompre avec le protectorat espagnol signe le Traité de Péronne qui scelle l’alliance de la Principauté de Monaco et du Royaume de France. Honoré II chasse alors les Espagnols de la place et crée une noblesse monégasque pour remercier ses compagnons d’armes. Une garnison française s’installe en Principauté. Afin de compenser les pertes en territoire espagnol et ses revenus, des fiefs français sont accordés au Prince de Monaco par le Roi Louis XIII : le Duché de Valentinois, le Marquisat des Baux, le Comté de Carladès, notamment. À son décès survenu en 1662, son petit-fils Louis Ier lui succède en tant Prince Souverain de Monaco.
Le buste d’Honoré II est exécuté vers 1650 par le sculpteur génois Lazare Ratto. Grâce à la générosité des Monégasques, l’œuvre est placée le 30 décembre 1660 sur une Maison de Ville par le génois Cantone chargé de tous les travaux d’architecture du Palais Princier jusqu’à la mort du Prince. Le buste est transféré sur la façade est du nouveau Palais de Justice inauguré en 1930.
En 2018, le buste est restauré et exposé dans le cadre de l’exposition « Princes et Princesses de Monaco » à Pékin dans la Cité Interdite. L’œuvre originale est depuis conservée à la Galerie des Princes au Palais Princier. Une copie du buste en marbre est placée dans la niche du Palais de Justice.
Le compositeur français Jules Massenet est né le 12 mai 1842 à Montaud dans la Loire et mort le 13 août 1912 à Paris. Son œuvre musicale est considérable et ses liens avec la Principauté de Monaco très étroits. L’élection de Massenet à l’Académie des Beaux-Arts en 1878 renforce l’amitié qu’il entretient avec le Prince Albert Ier – lequel est également membre de l’Institut de France.
L’Opéra de Monte-Carlo présente régulièrement ses œuvres, notamment Le Jongleur de Notre-Dame en 1902, opéra dédié au Prince de Monaco. En 1910, Don Quichotte rencontre un immense succès. Massenet participe du rayonnement musical de la Principauté à la Belle Époque. Lors de l’inauguration du Musée Océanographique de Monaco, le 29 mars 1910, Jules Massenet créé La Nef Triomphale et rend hommage au « Prince Savant ».
Le buste de Massenet est inauguré en 1914 en présence du Prince Albert Ier. Le discours prononcé par le Prince de Monaco témoigne de son affection et de son admiration pour le compositeur : « L’homme dont nous voulons célébrer ici la gloire charmante portait en lui-même une chaleur féconde qui engendra ces chefs-d’œuvre dont l’enchantement plane sur les rêves de notre sentiment musical ; il fut le magicien dont la pensée mélodieuse déborda sur les chaumières comme sur les palais. ».
Léopold Bernhard Bernstamm est un sculpteur allemand né le 20 avril 1859 à Riga (Russie). Il s’installe avec son père à Saint-Pétersbourg en 1872 et entre à l’Académie impériale des Beaux-Arts en 1874. Il accède à la célébrité au début des années 1880 en exécutant quelque trois cents portraits de personnalités russes et françaises. Il s’installe à Paris en 1885 et entre dans l’atelier d’Antonin Mercié. Sa rapidité d’exécution et son sens de la physionomie l’ont amené à devenir sculpteur en chef du musée Grévin. Léopold Bernhard Bernstamm décède le 22 janvier 1939 à Paris.