Chemin des Sculptures
Le pêcheur

Élève de Jean-Léon Gérôme, Gustave Dussart est influencé par l’académisme de la fin du XIXe siècle. La figure allégorique du Pêcheur est une scène de genre. Coiffé d’un bonnet phrygien, le pêcheur, en plein effort, retire son filet de l’eau, agrippé à un tronc d’arbre et un pied sur le rocher. La coiffe, traditionnellement portée par les pêcheurs des rivages locaux, rappelle la longue tradition qui remonte à la Grèce antique. Installée au bord de la mer, la sculpture célèbre la culture vivrière ancestrale du littoral méditerranéen.
Réalisée en 1917, la sculpture est sortie des ateliers Rudier (fondeur de Rodin, de Bourdelle et Maillol). L’œuvre, acquise en 1970 par le Prince Rainier III, était installée à l’origine au Hall du Centenaire à Monte-Carlo.

Né le 27 septembre 1875 à Lille dans le Nord de la France, Louis Gustave Dussart épouse en 1905 à Monaco, Marguerite Fontana, fille de Jean-Philippe Fontana entrepreneur de travaux publics. Dussart fut élève de Jean-Léon Gérome. Sociétaire à Paris du Salon des Artistes Français depuis 1904, il obtint une mention honorable en 1909.
Il sculpte pour la façade du Musée Océanographique de Monaco deux œuvres inaugurées en 1903, Le Secours et Le Progrès venant au secours de l’Humanité . Il réalise en 1897, le Buste du colonel William Frederick Cody dit Buffalo Bill. Il décède le 19 février 1952 à Amiens dans la Somme.

Les trois musiciens

Du cubisme à la peinture figurative, Fernand Léger illustre des scènes de la vie quotidienne. Arpentant les bals populaires parisiens, l’artiste peint, dans les années trente, une toile de grand format représentant un petit orchestre composé d’un violoncelliste, d’un accordéoniste et d’un tubiste. Le thème des trois musiciens est repris en 1944 et décliné dans une série sur le cirque. L’œuvre de Léger constitue une réponse visuelle et émotionnelle à la guerre et au monde qui s’industrialise rapidement autour de lui. Léger fut continuellement fasciné par ce qu’il appelait le « spectacle de la vie moderne ». La mosaïque Les Trois Musiciens est exposée dans le cadre de la IVe Biennale de Sculpture de Monte-Carlo en 1993.

Fernand Léger est né à Argentan en 1881. Apprenti architecte, il entre en 1903 à l’École des Arts Décoratifs où il apprend la sculpture et la peinture. Il découvre les recherches cubistes de Cézanne, Braque et Picasso et développe son propre style qualifié de « tubiste ». Artiste majeur du mouvement cubiste, peintre du progrès technique, il travaille pour le théâtre, le ballet et le cinéma. Peintre, sculpteur, céramiste, il créé des tapisseries en collaboration avec les tisserands d’Aubusson. En 1950, il ouvre un atelier de céramique à Biot, où se trouve actuellement le Musée National Fernand Léger. Léger meurt en 1955 à Gif-sur-Yvette.
De nombreuses expositions lui ont été consacrées dans le monde entier, notamment au Kunsthaus de Zurich, au Moderna Museet de Stockholm, au Musée d’Art Moderne de New York et à la Tate Gallery de Londres. Son rêve d’exposer une œuvre dans l’espace public fut exaucé en 1994 quand La Grande Fleur Qui Marche fut présentée à l’angle de Park Avenue et de la 57e Rue à New York.

La Princesse du Rocher

Après la disparition tragique de la Princesse Grace, Kees Verkade sculpte à sa mémoire une statue en bronze, La Princesse du Rocher. Pour créer cette œuvre, le Prince Rainier III lui met ainsi à disposition un espace au Palais Princier. La sculpture est dévoilée le 18 juin 1984, lors de l’inauguration de la Roseraie Princesse Grace, créée en sa mémoire. Selon le souhait du Prince Rainier III, la sculpture est placée sur la partie la plus élevée du parc paysager. « Son hommage personnel à la rose », est gravé sur le bloc de pierre posé au pied de la statue.

Kees Verkade, de nationalité néerlandaise, est né le 12 octobre 1941, à Haarlem aux Pays-Bas. Après des études secondaires, il entre à l’Académie Royale des Beaux-Arts de La Haye d’où il sort avec le premier prix. Résidant en Principauté à partir de 1979, il participe à de très nombreuses expositions collectives et personnelles. De nombreuses sculptures lui ont été commandées pour orner des bâtiments officiels, dans son pays natal, mais également en Europe, aux Etats-Unis et, bien entendu, en Principauté de Monaco – laquelle a fait l’acquisition de plusieurs de ses œuvres. Parmi les œuvres de Verkade situées à Monaco se trouvent : dans les Jardins Saint-Martin, Invitation ; devant le Stade Louis II, Le Sport  ; dans le Square Beaumarchais, le buste du Prince Louis de Polignac (cousin de S.A.S. Le Prince Souverain) ; devant le Centre Hospitalier Princesse Grace, Le Premier Pas.
En 1999, une rétrospective lui est consacrée à Monaco pour célébrer ses quarante ans de carrière artistique. Le Prince Rainier III lui remet la même année les insignes de l’Ordre du Mérite Culturel et ceux d’Officier de l’Ordre des Grimaldi. Une rétrospective complète, intitulée Circle of Love , lui est consacrée en 2012. Kees Verkade s’éteint le 29 décembre 2020 à Monaco. Sa dernière œuvre, nommée Salutifera Unitas, fut commandée par une fondation néerlandaise afin de remercier les soignants qui furent en poste lors de la pandémie du coronavirus.

Décoration murale 65

En 1965 et 1966, Luis Vidal Molné réalise deux fresques en céramique de part et d’autre du bâtiment situé à l’accueil du Jardin Exotique de Monaco. Sur la façade extérieure, le panneau décoratif créé en 1965, représente des motifs abstraits et figurés, des astres, des feuilles, des poissons, des voiles, au centre duquel se trouve l’animal fétiche de l’artiste, le coq. À l’intérieur du jardin, le panneau réalisé en 1966 est une sorte de cavalcade ; le soleil, les étoiles, les chevaux, les muses sont poussés par un souffle dans un mouvement irrésistible.
L’artiste monégasque reprend un certain nombre des symboles représentés dans la grande céramique marine de l’ancienne gare de Monaco réalisée en 1964. Représentant du courant expressionniste espagnol, Molné invite par ses créations à la rêverie.

Né à Barcelone le 27 septembre 1907, Luis Vidal Molné se forme dans l’atelier d’éditeur de son père. Il suit les cours de l’École des Beaux-Arts de Barcelone. Il fuit la dictature franquiste et s’installe avec son frère Ignasi Vidal en Principauté au début des années quarante. Pendant la guerre, il rejoint le Groupe des Artistes Modernes (GAM) établi à Monaco. Artiste prolifique, il s’initie à différentes techniques artistiques. Peintre, lithographe, affichiste, céramiste, cinéaste, il illustre de nombreux ouvrages édités à Monaco. Il est souvent sollicité pour illustrer les livres en hommage à la Famille Princière. Ami de Picasso et de Salvador Dalí, le peintre catalan développe un univers onirique et surréaliste. De nombreux thèmes issus de la culture espagnole sont récurrents dans son œuvre.
De nombreuses expositions personnelles lui sont consacrées, en Europe et aux États-Unis. Molné est naturalisé monégasque en 1961. Il décède en 1970. Deux ans après sa disparition, le Prince Rainier III lui rend un ultime hommage au travers d’une grande rétrospective.