Chemin des Sculptures
Âne attelé

Selon les mots de François-Xavier Lalanne : « le monde animal constitue les formes les plus riches et les plus variées de la planète. » L’artiste crée un bestiaire pour orner parcs et jardins. L’influence de François Pompon est perceptible dans sa statuaire animalière. Ses œuvres aux courbes élégantes et épurées recherchent la plus profonde simplicité. Les animaux en bronze sont grandeur nature ou surdimensionnés. Lalanne s’inspire aussi des sculptures antiques et égyptiennes avec un design très soigné et riche en détails. Le chemin des sculptures expose trois de ses œuvres : Le chemin des sculptures expose trois de ses œuvres : Grande Carpe, Âne attelé et Grand Ours.

François-Xavier Lalanne est un sculpteur et graveur français né à Agen en 1927 et mort à Ury (Seine-et-Marne) en 2008. Il suit des études de dessin, de peinture et de sculpture à l’Académie Julian à Paris où il côtoie notamment René Magritte, Salvador Dalí, ainsi que Constantin Brancusi – lequel occupe un atelier mitoyen du sien à Paris.
D’abord peintre, il devient célèbre en tant que décorateur puis sculpteur, travaillant à des œuvres communes avec son épouse Claude Lalanne ou individuellement. Son inspiration est tirée de la nature pour créer un bestiaire parmi lequel le mouton fait partie de son animal fétiche. Il transforme les animaux en mobilier de manière originale : un rhinocéros-bureau en laiton, des sièges ou banquettes mouton, un babouin-cheminée, un hippopotame-baignoire… Des collectionneurs prestigieux tels que les Rothschild, les Noailles, Yves Saint Laurent et Pierre Bergé vont lui octroyer une première visibilité internationale.

Et le septième jour

Et le septième jour est la première sculpture monumentale en bronze soudé à la flamme d’Alessandro Montalbano qui remporte le Prix offert par la Fonderie Susse et Frères en 1991 à l’occasion d’une exposition à Deauville. Cette pièce unique est acquise en en 1995 par l’État monégasque. Cette œuvre très expressive est constituée d’un enchevêtrement de pièces de bronze, ni polis ni ciselés, d’un aspect brut et rugueux. La sculpture représente un cheval cabré, poussé par une puissante force vitale.
Montalbano évoque son approche créatrice. « Je ne travaille pas le bronze de manière traditionnelle, je commence par les pieds puis je monte en mettant en place les lignes principales de la pièce et j’habille cette structure en soudant des morceaux de bronze que je coupe, tape, tords. Une fois ces morceaux assemblés, je griffe le bronze à l’aide d’une meule ou d’une scie circulaire pour lui donner du relief et faire vibrer la matière ».

Alessandro Montalbano est un peintre et sculpteur italien, né en 1962 à Catane en Sicile. Il étudie aux Beaux-Arts de Florence et se consacre essentiellement à la peinture. Dans les années quatre-vingt, il s’installe à Paris et commence sa véritable expérience de sculpteur assemblant le plâtre, le bois et le métal. Sur invitation de César qui apprécie son travail, il participe en 1994 au prix de la Fondation Princesse Grace. Il est récompensé par un jury unanime pour son œuvre Femme allongée. En 2002, il représente l’Italie lors d’une exposition européenne de sculptures monumentales à La Haye. Il participe en 2004 à la IIIe édition du Festival International de Sculpture de Monte-Carlo. Il expose ses œuvres à travers l’Europe et les Etats-Unis et vit actuellement en France, dans le sud de la Bourgogne.

Mosaïque de marbre

La mosaïque de marbre et galets de 60 mètres carrés composée de 77 carreaux est à l’image de l’œuvre de l’artiste : composite, éclectique, monumentale et colorée. Une forêt de motifs végétaux rappellent l’un de ses thèmes de prédilection : la nature, particulièrement celle du Sud-Ouest. Cette mosaïque répond à ses créations picturales où l’arbre, les forêts, les campagnes et les paysages occupent une place centrale. Les couleurs d’automne chères à l’artiste donnent le ton à l’ensemble de la composition, quelque peu expressionniste, toujours poétique. Installée par l’artiste en 1985, la décoration murale est contemporaine de la création du nouveau quartier de Fontvieille.

Né en 1926, Marc-Antoine Bissière dit Louttre B. est le fils du peintre Roger Bissière, qu’il eut comme maître. Il participe au Salon de mai à Paris, où il rencontre Nicolas de Staël en 1949. Louttre B. installe alors son atelier d’artiste à Paris. Formé à la peinture en bâtiment, il repeint le château de Nicolas de Staël à Ménerbes dans le Vaucluse en 1954. La même année, il se marie avec Laure Latapie, fille du peintre et graveur Louis Latapie, avec qui Roger Bissière, Amédée Ozenfant et Georges Braque créèrent l’Association des Castors de Montsouris. Il s’initie en 1960 à l’estampe et réalise avec Marcel Fiorini des gravures monumentales. Il innove avec de la peinture au sable, mais à la mort de son père en 1964, il se détourne de l’art pictural. Au milieu des années soixante, il s’adonne à la sculpture monumentale en béton et n’a de cesse de renouveler ses techniques et d’étudier de nouvelles matières : livres illustrés, vitrail, tapisserie, sculpture en béton, en ciment, en pierre ou en bois brulé. En ce début de XXIe siècle, il reprend la peinture et poursuit son œuvre de graveur qu’il expose dans des expositions personnelles. Il décède en 2012.

L’âme de fond

Selon Rosini di Santi, « l’art est la trace du temps ». Ses recherches artistiques l’ont conduit aux profondeurs de la vie. « J’ai cherché et cherché sur tous les continents, tous les horizons et dans tous les recoins de la planète, la ligne droite absolue mais en vain. Et un matin assis dans ma cabane de pêcheur, elle était là ! À ma grande stupéfaction elle était ondulée de vie ». Figure allégorique, L’Âme de Fond célèbre le peuple de la mer. Installée près du rivage en 2000, la sculpture réalisée en marbre blanc de Carrare renoue avec les figures antiques.
L’œuvre a été commandée à l’artiste par Monsieur Jean-Claude Tunon dans le but de l’offrir à la Principauté, à l’occasion de l’anniversaire des 700 ans de la dynastie des Grimaldi en 1997.

Nicola Rosini di Santi est né en 1959 dans un petit village du Mezzogiorno. Son père s’établit à Paris et Nicola grandit dans un quartier bouillonnant de vie populaire et artistique. La découverte de l’atelier du célèbre sculpteur Argentin Hugo Demarco est pour lui décisive. Il n’a alors qu’une dizaine d’années. Diplômé de l’École Boulle à Paris, il travaille dans différents ateliers d’arts et à la Fonderie d’art Rosini dirigé par son frère. Il côtoie de nombreux artistes et s’initie au bronze. En 1985, il réalise sa première exposition personnelle. Plusieurs expositions suivront à Paris, au Salon d’automne, au Salon de mai et au Grand Palais, dont il devient sociétaire.
Nicola Rosini di Santi vit et travaille dans un petit village provençal, s’enivrant de la lumière, et où il peut donner libre cours à sa passion pour des matériaux aussi variés que l’ardoise, le bronze, la ferraille ou le verre. L’artiste, très prolifique, a exposé de nombreuses fois à Monaco entre 1998 et 2016.

Sainte Dévote

Sainte Dévote est la patronne de la Principauté et de la Famille Souveraine ; elle est fêtée solennellement le 27 janvier. Dévote, jeune fille chrétienne, fut martyrisée sous le règne de l’empereur Dioclétien en 304, par le consul Barbarus qui gouvernait alors la Corse. Son corps placé sur une barque sera guidé par une colombe qui viendra, poussée par la tempête, s’échouer sur la plage du vallon des Gaumates, au fond du port de Monaco. Son corps fut enseveli dans la petite chapelle qui bordait le torrent. On dit que les moines installés dans ce lieu, faute de connaître le nom de cette jeune martyrisée l’appelèrent Dei Vota.
La légende rapporte qu’en raison des nombreux miracles attribués à la Sainte, les reliques précieuses furent volées par des marins qui pensaient s’enfuir à la voile. Mais un vent contraire se leva et les empêcha de sortir du port. Les Monégasques voyant cela, capturèrent les marins et récupérèrent les reliques. Depuis, cette Sainte est vénérée à Monaco et son nom est invoqué dans les prières pour demander sa protection ou sa bénédiction.
Commandée par le Prince Rainier III, la statue de la Sainte a été inaugurée le 26 janvier 1997 en présence de la famille princière et de l’artiste à l’occasion du 700e anniversaire des Grimaldi.

Cyril de La Patellière est né le 06 octobre 1950 à Saint Nazaire (Loire Atlantique). Il fait des études artistiques à Nice puis s’oriente vers une activité de graphiste-affichiste. A partir de 1983, il se consacrera à la peinture ainsi qu’à la sculpture (bronze et marbre). Il expose à Paris au Salon d’Automne et obtient le Prix de la Ville de Nice en 1986 et le Prix Paul Belmondo en 1989 décerné par l’Académie des Beaux-Arts. Ses sculptures visent à un caractère expressionniste où domine une forte base anatomique. Ses peintures, aquarelles et sanguines témoignent de ses thèmes de prédilection comme les nus féminins.

Sculpcure

Sculpcure est une installation faites d’oranges pourrissantes couvertes d’insectes et de filaments de moisissure. Le temps qui passe altère la couleur des oranges qui virent au brun et au noir avec des tâches de vert et de blanc. L’expérimentation ludique à laquelle Blazy se livre, aussi bien sur des matériaux naturels qu’artificiels, compose un éloge de la décomposition, une ode à la capacité transformiste de la matière. Chacune de ses œuvres possède une temporalité qui lui est propre et les notions de lenteur et de hasard se retrouvent au cœur du processus de création artistique.

Michel Blazy est né à Monaco en 1966. C’est lors de ses études à la Villa Arson dans les années quatre-vingt qu’il réalise pour la première fois une pièce intégrant des éléments vivants dans le but de répondre à un sujet questionnant le temps. L’artiste a créé depuis un univers artistique fait d’absurde, de périssable, de vivant et de mutation. Il utilise des matériaux humbles, des matières vivantes, organiques que l’on trouve dans sa cuisine ou son jardin, donnant naissance à un art mouvant et étrange. Ses installations sont constituées de rencontres de matières, qui tentent de faire perdurer un moment, un instant grâce à différentes stratégies de survie. Le travail de Blazy questionne la distinction nature/culture formulée avec le développement de l’Humanisme à la Renaissance.
L’artiste déclare : « Mon travail a un rapport avec le vivant mais pas avec la nature ». Blazy développe une stratégie de cocréation en partenariat avec la nature pour enfanter des hybrides, des œuvres s’inscrivant dans un ordre de réalité distinct de la matière inerte à l’instar du vivant. Les œuvres de Blazy se reproduisent et se répètent pour perdurer. Ces objets tiennent de la chimère, travaillant à brouiller les frontières entre animal, végétal, minéral ou objet. Ce que l’artiste expose tient bien plus du processus que du résultat : chaque pièce développe sa propre temporalité et l’œuvre vue par le spectateur est toujours unique.

Reina Mariana

Au début des années quatre-vingt, Manolo Valdès entame une série intitulée Les Menines, interprétation contemporaine du tableau de Velázquez et de son rôle dans l’évolution de la peinture. Les recherches volumétriques et les images en trois dimensions guident son travail. Les premières épreuves sont composées de formes cylindriques, de cônes et de sphères que l’artiste concrétise dans le bois ou le bronze. Le sculpteur décline à l’envi la robe à panier de la Reine Marina. Valdès interprète le portrait de la seconde épouse de Felipe IV, réalisé en 1652-1653 par Velázquez, à la fois pour rendre hommage au grand peintre espagnol et comme prétexte pour l’adapter au mouvement avant-gardiste. Des sculptures monumentales des Ménines sont exposées à Madrid, Munich, Bilbao, Biarritz et Monaco.

Manolo Valdès est né à Valence (Espagne), le 8 mars 1942. En 1957, il suit des études à l’Ecole des Beaux-Arts San Carlos à Valence. En 1964, Valdès co-fonde le groupe « Equipo Crónica », mouvement influencé par le Pop Art. A partir de 1981, Valdès débute sa carrière personnelle et montre une grande admiration pour les néo-expressionnistes allemands, ainsi que pour les travaux de Rembrandt, Vélasquez, Rubens, Matisse, Monet et Picasso. Dans l’histoire de l’Art, le travail de Valdès est considéré comme une réinterprétation ou une distorsion de la peinture, où divers éléments et matériaux souvent contradictoires se mélangent.
L’artiste participe à de nombreuses expositions dans des galeries et des musées à travers le monde. En 1999, il est nommé représentant espagnol à la 48e édition de la Biennale de Venise, aux côtés de l’artiste Esther Ferrer. En 2002, le Guggenheim Museum de Bilbao organise la première grande rétrospective de l’artiste, événement ayant remporté un succès exceptionnel auprès du public.
Manolo Valdès a été fait officier de l’Ordre du Mérite Culturel de la Principauté de Monaco en 2005. Il vit et travaille actuellement à New York.

Aigle de Bonelli

L’aigle de Bonelli est une espèce menacée en Europe. Ce rapace emblématique des côtes méditerranéennes doit son déclin à l’activité humaine. Afin de sensibiliser les populations aux risques pesant sur la biodiversité, l’Eco Art international, organisateur de l’événement, a mis à disposition divers modules de sculptures vierges afin que chaque artiste puisse proposer sa vision du rapace menacé. Trois représentations de l’oiseau étaient proposées : l’aigle prenant son envol, planant ou en position debout.
Cette première édition de l’Eco Art Parade a réuni 55 artistes ayant disséminé leur œuvre dans toute la Principauté pendant quatre mois. Parmi la cinquantaine d’artistes qui relèvent le défi, beaucoup sont familiers de la Principauté : Sosno, Nall, Spencer Hodge, Kenzo, Philippe Pastor, Cyril de la Patellière, Moya, Peter Klasen, Martin Caminiti, Eric Brocchi, Roberto Barni, etc.
Les créations furent vendues aux enchères par la maison Sotheby’s au profit de la Fondation Albert II. La Mairie de Monaco, acquéreur de l’un des aigles, a confié au Club Le Temps de Vivre le soin de personnaliser l’œuvre. Les Aînés du Club, placés sous la Direction du Service des Seniors et de l’action sociale, ont proposé leur vision colorée de l’oiseau et ont conjugué transmission et sensibilisation environnementale.
D’autres sculptures de l’aigle de Bonelli, crées lors de l’Eco Art Parade sont exposées, dans des lieux emblématiques de la Principauté ; celle-ci reste la seule visible au sein de l’espace publique.

A la mémoire du Prince Albert 1er 1848-1922

À l’occasion des commémorations du centenaire de la disparition du Prince Albert Ier, l’État monégasque a commandé à Giuseppe Ducrot cette œuvre monumentale réalisée en céramique blanche. Mesurant un peu plus de cinq mètres de haut et environ trois mètres de large, l’œuvre représente en son centre un buste du Prince Savant. L’œuvre d’art est placée sur la façade de la Chapelle de la Visitation, dans la ruelle Chanoine Franzi. Celle-ci relie ainsi deux réalisations emblématiques du Prince, le Musée Océanographique et le Lycée Albert Ier. En 1910, la Prince transforme l’ancien Couvent de la Visitation pour y fonder le Lycée de Monaco afin de proposer une éducation laïque et inaugure le Temple de la Mer, vitrine de ses campagnes océanographiques. Le monument rappelle les contributions majeurs du Prince Albert Ier à l’éducation, à la science et aux arts. S.A.S. le Prince Souverain et S.A.R. la Princesse de Hanovre ont inauguré le 11 octobre 2023 l’œuvre monumentale en présence de l’artiste.

Né à Rome en 1966, Giuseppe Ducrot se découvre très tôt un talent pour le dessin, réalisant sa première exposition à 14 ans. Il étudie dans l’atelier de peinture de Giovanni Colacicchi et s’initie à la sculpture auprès de Vito Cipolla. L’artiste italien s’inscrit dans une haute lignée d’artistes, celle qui a fondé le célèbre Studio Ducrot, spécialisé dans les arts décoratifs et le design. La renommée de Ducrot tient à son iconographie religieuse inspirée de l’art classique de la Rome impériale et de la sculpture hellénistique et baroque. À la fois figuratives et ornementales, les œuvres en céramique de Giuseppe Ducrot sont pleinement contemporaines. L’artiste travaille également le marbre, le bronze à la cire perdue et la terre cuite. Membre de l’Académie pontificale des beaux-arts et des lettres des Virtuoses au Panthéon, Ducrot a réalisé de nombreuses œuvres pour le Vatican.

L’hymne à la vie

L’œuvre de Mornar est traversée par les sculptures de figures féminines et les représentations animalières. L’artiste réalise un véritable bestiaire monumental. Il entend sensibiliser par l’art à la protection des espèces en voie d’extinction. D’abord exposée à l’Hôtel Fairmont à Monte-Carlo, la sculpture monumentale intitulée L’Hymne à la vie évoque la tentation. Elle représente un homme à la tête de lion et une femme sirène-serpent, deux êtres unis autour d’une pomme d’or. Pesant presque deux tonnes, cet exemplaire unique a nécessité deux années de travail pour sa réalisation.

Matéo Mornar est né le 20 décembre 1946 à Split en Croatie. Dans les années cinquante, sa famille s’installe à Paris. En 1964, il intègre l’École supérieure des arts modernes (ESAM) où il apprend les techniques du design, du graphisme, de la décoration d’intérieur et de la sculpture. Il sort diplômé et entre dans une filiale de Publicis, puis s’installe en travailleur indépendant. Pendant plusieurs années, il œuvre dans le domaine de l’édition, de la conception graphique et de la décoration d’intérieur. Il s’installe sur la Côte d’Azur en 1977. À la fin des années quatre-vingt, sa rencontre avec Antoniucci Volti est déterminante. Il se consacre entièrement à la sculpture et fait des figures féminines son the de prédilection. En 1997, il ouvre une école de sculpture à Nice.
Installé à Monaco depuis 2011, Mornar enseigne l’art de la sculpture dans son atelier monégasque du Quai Antoine Ier. Ses créations jalonnent les grands événements de la Principauté. Ses œuvres sont vendues au profit de la Fondation Albert II, de la Croix Rouge monégasque ou encore de Fights Aids Monaco.