Chemin des Sculptures
Motophant

Le titre, pourtant énigmatique, l’indique clairement : cette sculpture est la réunion d’un éléphant et d’une moto. Les deux images sont reproduites dans un style réaliste de façon à être immédiatement reconnaissables. Mais l’œuvre dans son ensemble porte en elle divers degrés de complexité et d’ironie. Avec Motophant, les images appartiennent expressivement à deux mondes distincts, sinon opposés, comme le sont le monde animal et celui de la technique.
Motophant a été exposé lors de la IIe Biennale de Sculpture de Monte-Carlo en 1989. L’œuvre a participé à l’échange culturel Lugano-Monaco en août et septembre 1996.

Arman (Armand Fernandez), né en 1928 à Nice, est un artiste français, peintre, sculpteur et plasticien. Il fait ses études à l’École des Arts Décoratifs de Nice, puis à l’École du Louvre à Paris. Arman (Armand Fernandez). Lié à Yves Klein depuis 1946, Arman participe en 1960 à la fondation du groupe des Nouveaux Réalistes de Pierre Restany connu sous le nom d’École de Nice. Arman, qui signe ses œuvres de son prénom en hommage à Van Gogh, décide d’abandonner le « d » d’Armand et officialise sa signature d’artiste, en 1958, à l’occasion d’une exposition chez Iris Clert. En réponse au Vide d’Yves Klein, son approche constitue le point de départ des « Accumulations » et des « Colères » qui demeurent les deux volets de son appropriation de l’objet. Il participe à de très nombreuses expositions en France et à l’étranger.
A partir de 1961, Arman réside et travaille à New-York, mais séjourne souvent à Nice et à Vence. Il expose régulièrement à Monaco. Toute sa vie, Arman fut aussi un collectionneur passionné d’objets usuels (montres, armes, stylos…) et d’objets d’art, en particulier d’art africain traditionnel dont il était un spécialiste apprécié et reconnu. Il meurt en 2005 à New York.

S.A.S. le Prince Albert II

Après la très émouvante statue de la Princesse Grace en 2002, Daphné du Barry réalise en 2007 celle du Prince Rainier III. A l’occasion du 50e anniversaire de S.A.S. le Prince Albert II de Monaco. Le Souverain avait tenu à visiter l’artiste dans son atelier monégasque, afin d’assister aux ultimes retouches du modelage de l’argile. Il donna de précieuses indications à l’artiste concernant l’expression du visage de son père. Cette série d’œuvres remarquables allait être complétée deux ans plus tard par une troisième sculpture à l’effigie du Souverain. Ne disposant plus d’atelier en Principauté, l’artiste fut invitée par le Souverain à s’installer en Son Palais, afin d’y réaliser le modèle d’argile.
« Son Altesse Sérénissime a participé chaque semaine à des séances de pose. Il n’a pas souhaité de monument solennel en habit officiel, mais une tenue naturelle et décontractée, en blazer, chemine et col ouvert », raconte la sculptrice. La fusion de ce bronze de deux mètres de haut fut réalisée à la fonderie de Pietrasanta, en Toscane.
L’œuvre est une commande d’un groupe de mécènes hollandais ; elle a été inaugurée au printemps 2009 à Monaco. La statue orne désormais le jardin de la Villa Girasole, siège de la Fondation Albert II.

Daphné du Barry, de nationalité hollandaise, est née le 5 juillet 1950 à Arnhem (Pays Bas). Après des études secondaires, elle étudie les langues à Munich puis à Montréal. Plus tard elle suivra durant trois ans des cours de littérature moderne à la Sorbonne. En 1971, elle rencontre dans la maison de Salvador Dali à Cadaquès, Jean-Claude du Barry, critique d’art quelle épousera quelques années plus tard. Après une courte carrière dans la chanson de variété elle étudie le dessin auprès du maître hongrois Akos Szabo pendant cinq ans à Paris. Elle rencontrera Marcello Tommasi à Florence un des représentants de la sculpture figurative classique en Italie et entrera dans son atelier comme élève. Parallèlement, elle entre à l’Académie des Arts et du Dessin de Florence. Elle a réalisé une dizaine de Monuments en Europe et reçu divers prix. De style figuratif classique, Daphné du Barry maitrise la science des belles proportions, du contour des corps et de l’expression transcendée. Elle surprend par la variété inépuisable de ses thèmes et l’unité de son style. Son culte des beaux corps vient d’une inspiration quasi idéale, mais c’est le charme de l’intelligence plus que celui des sens qui nous captive. L’œuvre de Daphné du Barry nous fait mieux comprendre la réflexion péremptoire de Dominique Ingres : « Il n’y a pas deux arts, il n’y en a qu’un : c’est celui qui a pour fondement le beau éternel et naturel ».

Madone et Enfant

Livia Canestraro fait montre de toute l’étendue de ses talents avec cette Madone aux formes exubérantes où la lumière modèle les nuances du bronze. L’artiste retrace en ces termes la genèse de l’œuvre. « C’est la première sculpture que j’ai voulu réaliser dans l’atelier que mon mari et moi venons d’acheter à Beausoleil. Depuis plusieurs années nous habitons un appartement à Monaco, avenue de Grande-Bretagne, et nous avons l’habitude, lorsque nous remontons à pied sur le boulevard des Moulins, de nous arrêter au milieu des escaliers du passage Barriera pour nous reposer. A cet endroit se trouve une belle niche, et je m’étais depuis longtemps promis de réaliser une Vierge en Bronze comme première sculpture à offrir à Monaco ». Dix ans plus tard, elle signe avec son mari Stefaan Depuydt une sculpture dédiée à la Princesse Grace, également visible dans le chemin des sculptures.

Née à Rome en 1936, Livia Canestraro est une sculptrice et peintre belge d’origine italienne. Elle fait ses études à l’Académie des Beaux-Arts de Rome et gagne une bourse d’étude de l’UNESCO qui la conduit à Bruxelles, à l’Institut National Supérieur du Bois de la Cambre où elle rencontre le sculpteur belge Stefaan Depuydt qu’elle épousera. En 1958, elle obtient le premier prix de Sculpture de l’Académie de Rome, le 1er prix de sculpture religieuse à la troisième Exposition Nationale des jeunes artistes à Rome et la médaille d’or à l’exposition nationale. Entre 1959 et 1966, elle reçoit un très grand nombre de récompenses en Italie et en Allemagne. Depuis plus de dix ans, le couple réside une partie de l’année à Monaco, où ils travaillent, ensemble ou séparément, pour concevoir figures, objets intimistes et œuvres abstraites.

Les roses

Sur cette façade de la chapelle des Carmes, les deux imposantes voûtes de 2 mètres ont été décorées par Jean-Michel Folon. Chaque panneau est constitué de 18 carreaux de céramique peints et vernissés comportant des éléments en relief. Ces mosaïques invitent à l’apaisement et à la méditation. Devant un coucher de soleil, des dizaines de roses rouges aux pétales en relief illuminent à leur manière la façade de cet édifice. L’œuvre a bénéficié du mécénat de M. Enrico Braggiotti et de la CMB Foundation.

Jean-Michel Folon, né à Bruxelles en 1934, est un aquarelliste, peintre, graveur et sculpteur belge. Après de courtes études artistiques à Bruxelles, il s’installe dans la région parisienne dès 1955 et se consacre au dessin sans grand succès en France. De grands magazines américains, dont le New Yorker puis le Times acceptent de publier ses dessins oniriques et il s’installe aux États-Unis en 1960. De retour en France dans les années soixante-dix, il devient tour à tour illustrateur, comédien et créateur de génériques animés pour la télévision notamment le célèbre intermède pour Antenne 2.
Installé à Monaco dès 1983, il se lance dans la sculpture. Il travaille d’abord le bois, puis le bronze et fond sa première sculpture Personne en 1992. Il crée jusqu’en 2005 dans son atelier situé au 8 quai Antoine Ier ouvert sur le Port-Hercule et joue un rôle très important dans l’essor de la vie artistique de Monaco tout en continuant à exposer dans les plus grands musées du monde. Il est nommé membre du jury artistique du Prix International d’Art Contemporain de la Fondation Prince Pierre de Monaco, présidée par S.A.R. la Princesse Caroline de Hanovre. Il est à l’initiative de la création des ateliers d’artistes sur le quai Antoine Ier qui sont inaugurés en 1996, accueillant des artistes de renommée internationale ayant des liens étroits avec la Principauté, notamment Valerio Adami, Armand, Fernando Botero, Louis Cane ou Sacha Sosno. Il participe aux IVe et Ve Biennales de sculptures de Monte-Carlo. Plusieurs de ses œuvres ornent des bâtiments publics monégasques : La Métamorphose , une tapisserie de 73 m2 exposée dans le troparium de l’Auditorium Rainier III (commande de l’Etat en 1989) ; les vitraux du Monte-Carlo Bay ; les mosaïques de la Chapelle des Carmes. Il crée un ensemble de douze sculptures en bronze intitulé « L’Allée des Pensées », offert en don le 17 mai 2006 par S.A.S. le Prince Albert II au Conseil de l’Europe. Les plus grands musées du monde lui consacrent des expositions personnelles, notamment le Metropolitan Museum of New York en 1990, et la ville de Florence en 2005 avec une exposition anthologique au Palazzo Vecchio.
Le prince Rainier III l’élève au grade de Commandeur dans l’ordre du Mérite Culturel en 1989 et à celui de Commandeur de l’Ordre de Saint- Charles en 2002. Il décède à Monaco en 2005.

Padre Pio

Cette sculpture représente Padre Pio, prêtre capucin italien, portant la chasuble liturgique cérémoniale. Né en 1887 à Pietrelcina en Campanie, ordonné prêtre dans sa ville natale, il est envoyé en 1916 au couvent de San Giovanni Rotondo dans les Pouilles. Il y restera jusqu’à sa mort en 1968. Le confesseur capucin fait l’objet d’une dévotion populaire ardente en particulier dans le Sud de l’Italie. Béatifié en 1999, il est canonisé le 16 juin 2002, Place Saint Pierre à Rome, par le Pape Jean-Paul II. L’œuvre a fait l’objet d’un don de la Fondation Padre Pio à l’Église du Sacré-Cœur, selon le vœu de son fondateur Monsieur Sylvain Cucchi, lors du 50e anniversaire de la création de cette Fondation.

Greta Alessio, artiste de nationalité française, est née le 28 juin 1942 à Monaco. Après s’être consacrée à la danse pendant son adolescence, elle fréquente le cours de céramique du Pavillon Bosio à Monaco-Ville. L’enthousiasme pour la céramique la conduit à s’intéresser sérieusement à la sculpture à partir du début des années 1980, elle se rend donc à Carrare et à Pietrasanta où elle s’essaie, en autodidacte, à la technique de la terre cuite, puis à celles du bronze et du marbre. Depuis, elle partage son travail entre Monaco et la petite ville de Pietrasanta où elle s’inscrit à la Scuola Superiore di Scultura. C’est dans cette petite ville toscane qu’elle réalise ses œuvres (la Fonderia Del Chiaro , la Fonderia Mariani et il Laboratorio Henraux ).
Son œuvre fait l’objet d’une première exposition à Monaco en avril 1992. Admiratrice de Michel-Ange et de la sculpture abstraite japonaise, son registre est varié, ses thèmes favoris étant le cirque, la danse et la mythologie. Le prix Greta Alessio remis au Festival International du Cirque de Monte-Carlo témoigne de l’un de ses thèmes de prédilection. Deux autres œuvres de l’artiste sont visibles dans le chemin des sculptures : La Vierge et Le Poisson .

Inspiration

A l’occasion du 50e anniversaire du Règne du Prince Rainier III, en 1999, Kees Verkade propose ce groupe de sculptures composé de trois personnages : une femme portée par deux hommes. L’inspiration, symbolisée par la femme, ne peut pas s’élancer vers le haut si une force motrice, symbolisée par les deux hommes, ne vient pas la propulser par le bas. Nul artiste ne peut en effet trouver en soi l’inspiration s’il ne fait pas effort pour la chercher dans une figure extérieure à lui-même. C’est porté par l’amour pour sa Muse, son épouse Ludmila Baronne von Falz-Fein, que Verkade a pu trouver l’énergie nécessaire pour créer ses œuvres les plus intenses et les plus émouvantes. Kees Verkade, de nationalité néerlandaise, est né le 12 octobre 1941, à Harleem, aux Pays-Bas. Après des études secondaires, il entre à l’Académie Royale des Beaux-Arts de La Haye d’où il sort avec le premier prix. Résidant en Principauté à partir de 1979, il participe à de très nombreuses expositions collectives et personnelles. De nombreuses sculptures lui ont été commandées pour orner des bâtiments officiels, dans son pays natal, mais également en Europe, aux Etats-Unis et, bien entendu, en Principauté de Monaco – laquelle a fait l’acquisition de plusieurs de ses œuvres. Parmi les œuvres de Verkade situées à Monaco se trouvent : dans les Jardins Saint-Martin, Invitation ; devant le Stade Louis II, Le Sport ; au sein du Square Beaumarchais, le buste du Prince Louis de Polignac (cousin de S.A.S. Le Prince Souverain) ; devant le Centre Hospitalier Princesse Grace, Le Premier Pas. En 1999, une rétrospective lui est consacrée à Monaco pour célébrer ses quarante ans de carrière artistique. Le Prince Rainier III lui remet la même année les insignes de l’Ordre du Mérite Culturel et ceux d’Officier de l’Ordre des Grimaldi. Une rétrospective complète, intitulée Circle of Love, lui est consacrée en 2012. Kees Verkade s’éteint le 29 décembre 2020 à Monaco. Sa dernière œuvre, nommée Salutifera Unitas, fut commandée par une fondation néerlandaise afin de remercier les soignants qui furent en poste lors de la pandémie du coronavirus.

Sitting Couple

Après avoir produit un petit «couple assis » en 1971, Chadwick revisite ce thème une cinquantaine de fois au cours des deux décennies suivantes. Les couples de Chadwick sont toujours clairement genrés : le sujet féminin étant généralement représenté par une poitrine et une figure triangulaire, le sujet masculin par une tunique froissée et une tête rectangulaire. Observateur attentif du langage corporel, Chadwick étudie les relations humaines à travers les différentes manières dont les couples sont assis. Dans cette interprétation du thème, les figures adoptent une posture presque identique, établissant une intimité malgré leur séparation physique. Les sculptures de Chadwick sont réalisées avec un grand souci du détail et reflètent l’apprentissage de l’artiste auprès de l’architecte Roger Thomas – lequel l’a encouragé à se tourner vers la sculpture.

Né à Londres en 1914, Lynn Chadwick est considéré comme l’un des talents majeurs de l’histoire de la sculpture britannique moderne. Il travaille de 1933 à 1939 comme dessinateur dans un cabinet d’architectes. Il s’engage ensuite comme pilote dans la Royal Air Force pendant la Seconde Guerre mondiale (1941-1944) avant de se consacrer à la sculpture.
Sa première exposition personnelle a lieu en 1950. Ses premières créations sont semblables à de grands mobiles. Son style évolue vers la sculpture de figures schématiques. Il obtient une reconnaissance rapide et continue à évoluer sur le plan artistique, raffinant sa technique et explorant de nouvelles formes. Il représente la Grande Bretagne à la XXVIIIe Biennale de Venise en 1956 où il est devenu le plus jeune lauréat de l’époque à remporter le Prix international de sculpture. Ses œuvres ont depuis été exposées dans les plus grandes institutions et galeries du monde entier – notamment à la Tate Gallery de Londres et au Museum of Modern Art de New York. Lynn Chadwick est décédé le 25 avril 2003

Woman Smocking a Cigarette

La rondeur amplifiée de cette femme nue, allongée sur un drap, fumant une cigarette, exprime la sensualité et la vitalité du corps à travers la monumentalité. L’originalité de cette œuvre réside dans le traitement très personnel des volumes. Malgré son poids, une impression de légèreté, de souplesse et de grâce s’en dégage. A la question « pourquoi ses personnages sont gros ? », Botero répond : « Gros, mes personnages ? Non, ils ont du volume, c’est magique, c’est sensuel. Et c’est ça qui me passionne : retrouver le volume que la peinture contemporaine a complètement oublié. »
La sculpture est acquise par la Principauté en 1989.

Fernando Botero est un peintre et sculpteur colombien, né en 1932 à Medellin. Il vit et travaille entre Paris, la Colombie, New York, Monaco et la Toscane. Ses premiers dessins s’inspirent de l’art précolombien, ainsi que des œuvres des muralistes mexicains tel que Diego Rivera. Voyageant en Europe, il étudie des œuvres classiques, celles de Vélasquez et de Goya à Madrid, d’Ingres à Paris ou bien des artistes de la Renaissance à Florence. En 1957, avec le tableau Nature morte à la mandoline, l’artiste découvre pour la première fois la possibilité de dilater les formes et d’exagérer les volumes. Il trouve ainsi un style qui lui est propre. En 1960, il s’installe à New York où il reçoit le Prix International Guggenheim pour son tableau La Bataille de l’Archi-diable et le Museum of Modern Art de New York achète en 1961 Mona Lisa, Age Twelve. Botero acquiert ainsi une reconnaissance mondiale grâce à son style particulier. Ses sujets de prédilection sont notamment les natures mortes, les nus féminins, les portraits de famille, les scènes de tauromachie ou celles de la vie quotidienne de la société colombienne.
Dans les années soixante-dix, il s’installe à Paris où il s’initie à la sculpture du bronze. Pour Botero, cette forme d’art est le prolongement naturel de son univers pictural. En effet, ses personnages prennent leur pleine mesure grâce à l’espace en trois dimensions, leurs formes voluptueuses deviennent palpables et offrent ce que l’artiste appelle une « alternative poétique à la réalité ». Ses sculptures ont été exposées à Florence en 1991, sur l’avenue des Champs-Élysées à Paris en 1992 ou encore sur Park Avenue à New York en 1993. Certaines de ses sculptures sont également installées dans les espaces publics de Lisbonne, Madrid, Munich, Singapour et Tokyo. Fernando Botero est décédé en Principauté le 15 septembre 2023

Hommage à la Princesse Grace

S’il fallait définir l’œuvre de Lartigue, faudrait-il parler de sculpture ou de fontaine ? L’artiste répond à cette interrogation. « Pour définir mon travail je préfère parler de sculpture-fontaine. Elle donne à voir des mouvements d’eau créés sur ses propres volumes. Sans eau, durant l’hiver par exemple, elle existe toujours comme une œuvre d’art à part entière alors qu’une simple fontaine risque de laisser la triste image de simples tuyauteries. Dans mes sculptures, la forme sert d’appui à l’eau. Celle-ci est conçue comme un matériau à part entière. De plus, la quantité d’eau utilisée doit être en rapport avec le volume de la sculpture. Un filet d’eau sur un objet de plusieurs tonnes ne peut pas fonctionner ! »
L’œuvre commandée par le Prince Rainier III et la Princesse Grace en 1969 est rénovée par Brice, le fils de Guy Lartigue en 2022.

Né le 6 avril 1927 à Paris, Guy Lartigue est le fils de Maurice Lartigue, dit Zissou, frère ainé du photographe Jacques-Henri Lartigue. Il est l’élève de Jean Souverbie, Emmanuel Auricoste et d’Ossip Zadkine. Après des études de sculpture dans les académies de Montparnasse à Paris, Guy Lartigue réalise en France de nombreuses œuvres monumentales, en métal, en cuivre, en inox ou en granit. Lartigue utilise la feuille de métal qu’il plie et courbe. Il se réfère souvent, dans ses sculptures, au corps humain. Il réalise aussi de nombreuses sculptures décoratives, des fontaines et des bas-reliefs, qu’il intègre à l’architecture.
Il se définit comme un sculpteur statuaire amoureux du « chant de l’eau ». Dans la centaine de sculptures-fontaines que l’artiste a réalisées, l’eau s’apparente à un matériau parmi d’autres. Dans les années soixante, il lui a été commandé une sculpture-fontaine pour la résidence du roi d’Espagne à Marseille. Cette rencontre avec la sculpture et l’eau est déterminante. Il n’a de cesse de s’exprimer à travers elles. Il créé de multiples œuvres sculpturales, souvent monumentales, consacrant sa vie à l’art et à l’eau.
De Paris à Monte-Carlo, il conçoit des sculptures-fontaines pour les places, les jardins et les grands ensembles des années soixante-dix. Il décède à Paris le 5 mai 2021.

S.A.S. le Prince Albert 1er

Cette statue de François Cogné représente le Prince Albert Ier à la barre guidant son navire dans la tempête ; elle met en lumière sa double figure de gouverneur, à savoir celle du Marin et celle du Chef d’Etat. Pour la réaliser, François Cogné s’est inspiré de la lecture de La Carrière d’un navigateur du « Prince savant » publiée en 1914 et rééditée en 1951. Érigée grâce à une souscription publique, elle a été inaugurée le 11 avril 1951 à l’occasion de la Fête Nationale – laquelle sera célébrée le 19 novembre à partir de l’année suivante – en présence du Prince Rainier III.

François-Victor Cogné est né en 1870 à Aubin (Aveyron) et mort en 1952. Élève de Louis-Ernest Barrias et de Denys Puech, il s’illustre au Salon des Artistes Français où il obtient la mention honorable en 1900 et la médaille de bronze en 1921. Portraitiste reconnu, il réalise de nombreux bustes officiels. On lui commande notamment les statues des héros de la Grande Guerre, le Maréchal Joffre, le Maréchal Pétain et Georges Clémenceau. Le monument dédié au « Père la Victoire » est inauguré en 1932 en face du Grand Palais à Paris. Le Prince Rainier III le nomme Commandeur de l’Ordre de Saint-Charles le 13 avril 1951. Il décède en 1952 à Paris, un an après l’inauguration de la statue du Prince Albert Ier.